Par notre correspondant à Washington, John Smith
Alors que la coalition américano-israélienne semble entrer dans son quatrième mois de conflit contre l'Iran, Washington apparaît déterminé à avancer à son propre rythme, affichant une sérénité déconcertante face aux incertitudes qui tourmentent l'Europe. Le président Donald Trump oscille entre promesses d'actions rapides et mises en garde sur la nécessité de préparations à un engagement prolongé. Cette approche semble calculée pour exacerber les confusions des analystes des think tanks américains, encore perplexes devant la stratégie actuelle. « Nous pouvons agir rapidement, mais nous choisissons d'être prudents », déclare souvent le président lors des conférences de presse, laissant les journalistes impatients d'aborder les questions de politique intérieure.
Acculés dans la petite salle de presse, certains journalistes se voient manipulés par un président enjoué à l'idée de leurs spéculations incessantes. Les contradictions qui jalonnent ses interventions sont loin d'être aléatoires ; elles font partie d'une méthode bien huilée. Alors que les éditoriaux s'évertuent à établir des parallèles avec des conflits passés, comme ceux de Bagdad en 2003 ou de Suez en 1956, l'administration déploie une stratégie d'usure, patiente et méthodique. « Déjà fait ! », plaisantait un officiel du Pentagone la semaine passée.
L'essentiel : le calendrier
Sur le terrain, pourtant, aucune véritable avancée ne laisse présager un basculement imminent. Les frappes militaires ont causé des dommages, mais ont échoué à déstabiliser l'équilibre. Malgré la chute successive des dirigeants iraniens, le pays reste résilient, notamment dans le détroit d'Ormuz. Ce décalage entre l'engagement militaire et les résultats concrets suscite des doutes, même parmi les républicains, en particulier ceux exclus de l'élaboration du plan par l'administration.
La démission de Joe Kent, ancien directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, est révélatrice de ces tensions internes. Ancien des forces spéciales, Kent, marqué par la perte de sa femme militaire en Syrie, représente une frange conservatrice, critique envers les conflits sans objectifs clairs. Son départ envoie un message fort, bien que son impact immédiat soit limité ; la machine institutionnelle de Washington reste en mouvement.
L'essentiel demeure dans le calendrier politique. Fin avril, le Congrès devra décider de l'avenir des opérations. D'ici là, l'administration évolue dans un espace politique relativement sûr. « Il ne s'agit pas d'une simple démonstration de force, mais d'une stratégie de pression constante », souligne Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine.
Pas d'objectifs clairs
Au département d'État, la vigilance est également de mise envers l'Europe, où les réactions des grandes puissances ont été contrastées et souvent désordonnées. Etats-Unis, Espagne, Royaume-Uni, France et Allemagne hésitent tous à prendre position. De nombreuses capitales demeurent perplexes, observant sans s'impliquer, évitant de s'engager dans une opération dont les contours semblent flous.
Les difficultés rencontrées dans les eaux stratégiques du détroit d'Ormuz amplifient les inquiétudes d'un conflit sans objectifs définis. Alors que Washington s'accroche à sa stratégie d'usure, l'Europe redoute un enlisement, consciente des conséquences économiques et politiques d'une guerre dont elle a été écartée depuis le début. Dans ce contexte, la position israélienne devient un révélateur. « Nous poursuivrons aussi longtemps que nécessaire pour garantir notre sécurité », affirmait dernièrement Benjamin Netanyahou.
Washington active en parallèle une série de leviers
Face à ce chaos, Washington met également en place des mesures pour mitiger les répercussions économiques du conflit. La priorité est donnée à la stabilisation des marchés de l'énergie, avec la libération des réserves stratégiques de pétrole et une pression sur les producteurs pour maintenir des prix raisonnables. L'administration allège certaines contraintes logistiques, facilitant ainsi l'approvisionnement en pétrole et gaz, tout en se préparant à des ajustements aux sanctions, y compris à l'égard de pays comme la Russie, la Chine, et même l'Iran.
La Réserve fédérale des États-Unis se tient prête à intervenir pour éviter l'envolée des prix, car pour Trump, l'ennemi véritable n'est pas seulement un régime islamiste. La principale menace qu'il craint est l'augmentation du coût de la vie pour le consommateur. À moins de 32 semaines des élections de mi-mandat, ce sont ces fluctuations qui préoccupent le président. Actuellement, la Fed a révisé ses prévisions d'inflation, passant de 2,4 % à 2,7 %, tout en restant prudente, notant que la guerre augmente les incertitudes économiques.







