Bien que les routes aient été réparées, les marques du désastre demeurent, et les vestiges d'un pont historique pendent toujours au-dessus du fleuve à Mandalay, une ville profondément touchée. Le tremblement de terre de magnitude 7,7 survenu le 28 mars 2025 a coûté la vie à plus de 3.800 personnes.
Des journalistes de l'AFP, en première ligne, ont décrit les paysages contrastés de la reconstruction dans les zones sinistrées. À Naypyidaw, l'ancien auvent de l'hôpital, qui avait écrasé une voiture lors de l'effondrement, a été remplacé par une structure plus légère.
Le chef de la junte Min Aung Hlaing, visiblement dépassé, a été photographié tentant de coordonner les secours au cœur du chaos causé par ce tremblement de terre survenu en pleine guerre civile.
Mandalay, ancienne capitale bordée de montagnes, a été particulièrement éprouvée. Dans une pagode, une statue de Bouddha couché émerge des gravats. Hsan Tun, un homme âgé de 70 ans, se souvient de la tragédie : "C'est grâce à la protection du Bouddha que nous avons survécu".
Les efforts de reconstruction sont inégaux. Certains reconstruisent leurs maisons, tandis que d'autres, ayant reçu une aide tardive, peinent à survivre. Les ruines des maisons effondrées ont été nettoyées, laissant parfois place à des terrains vagues.
Les célèbres tours du palais, qui avaient penché, sont en cours de redressement, tandis que des ouvriers bâtissent de nouveaux remparts. Après le séisme, des milliers de personnes avaient trouvé refuge près des douves, qui sont aujourd'hui réinvesties par joggeurs et promeneurs.
Malgré les efforts, les défis demeurent. U Thudassa, un moine bouddhiste, exprime : "Les gens affrontent encore de nombreuses difficultés économiques. Comme le dit le proverbe, quand le ciel tombe, cela tombe sur tout le monde". La reconstruction s’effectue avec les moyens du bord.
La pagode Nagayon d'Amarapura, dont la statue de Bouddha avait été gravement endommagée, a été entièrement restaurée. Dans le village de Bon Oe, une mosquée s'est effondrée lors de la prière du vendredi, faisant de nombreuses victimes. Les travaux de réhabilitation n'ont pas encore commencé, car l'approbation du gouvernement reste en attente.
En attendant, les fidèles se rassemblent dans une structure temporaire pour leur culte. Khin Maung Naing, le responsable de la mosquée, rappelle les événements tragiques : "Hier marquait un an depuis le drame. Les souvenirs restent vivaces, chaque grondement peut faire sursauter tout le monde".
"Un an après, l'angoisse est encore palpable comme si cela s'était produit hier. Ça reste gravé dans mon cœur", conclut-il, laissant transparaître la douleur persistante d'un peuple en quête de réhabilitation.







