Qui n'a pas été ravi de voir des tomates, courges ou pommes de terre émerger spontanément dans son potager lorsque le printemps arrive ? Cela interpelle sur la capacité de la nature à se débrouiller seule, suggérant même qu'aucun nouvel effort de semis ou de plantation ne serait nécessaire. Mais bien que cette idée soit séduisante, que faire de ces semis spontanés : les laisser se développer ou les enlever ?
Qu'est-ce que les semis spontanés ?
Avant d'explorer cette question, clarifions ce que désigne le terme « semis spontané ». Ce sont des plantes qui émergent naturellement, sans intervention humaine, à partir de graines qui se sont retrouvées sur le sol de façon fortuite. Ces graines peuvent provenir de plantes cultivées auparavant, être amenées par le vent ou des animaux, ou encore provenir de plantes sauvages environnantes, mais la dernière catégorie, souvent considérée comme des adventices, est généralement moins intéressante.
Les semis spontanés peuvent être des légumes, des fleurs, ou même des mauvaises herbes. Si certains jardiniers choisissent de les laisser croître, d'autres optent pour les déplacer ou les éliminer. En réalité, il est crucial de savoir identifier ces semis afin de décider de leur sort. En fonction des plantes rencontrées, certaines méritent d'être conservées, tandis que d'autres doivent être arrachées.
D'où proviennent ces semis spontanés ?
Comme mentionné, les semis spontanés résultent de graines dispersées naturellement, sans action d'un jardinier. Ces graines peuvent avoir plusieurs origines :
1 - Graines tombées des plantes
Les graines qui tombent ou sont projetées par la plante elle-même, appelées autochorie, constituent le cas le plus commun. Par exemple, des plants de tomates peuvent apparaître à l’endroit où des fruits ont été négligemment laissés au sol précédemment, germant à la suite de la chute de leurs graines.
2 - Graines issues du compost
Il est fréquent que des semis spontanés jaillissent du compost. En ajoutant des restes de légumes ou fruits au compost, tels que des morceaux de tomates ou de courges, des graines viables peuvent subsister. Si le compost ne monte pas à des températures suffisantes, ces graines demeurent intactes, et s'épanouissent dès que vous épandez le compost au potager.
3 - Graines transportées par le vent
L'anémochorie désigne le transport de graines légères par le vent, qui peut les amener à germer dans votre jardin. Généralement, ces graines ne sont pas très utiles au potager, comme celles de graminées ou de pissenlit.
4 - Graines disséminées par les animaux
Les animaux, tels que les oiseaux ou les rongeurs, jouent également un rôle dans la dispersion des graines en s'alimentant de fruits et en rejetant des graines par leurs déjections. Ce processus est appelé zoochorie, et peut introduire diversement des plantes comme les groseilliers ou les cerisiers sauvages dans votre jardin.
5 - Graines en dormance dans le sol
Certaines graines peuvent rester inactives dans le sol pendant plusieurs années, avant de germer lorsque les conditions deviennent favorables (lumière, chaleur, humidité). Des techniques telles que la stratification à froid peuvent être utilisées par les jardiniers pour encourager la germination, mais il existe aussi des facteurs environnementaux naturels qui peuvent les activer.
Les semis spontanés : atouts ou nuisances ?
Les semis spontanés présentent l'avantage de surprendre les jardiniers avec des plantes parfois vigoureuses, mais cela comporte également des risques. Souvent, ces semis ne proviennent pas des variétés désirées et peuvent croître à des emplacements peu appropriés.
Il est vital de savoir distinguer les plantules. Certaines sont faciles à identifier, mais d'autres nécessitent plus de temps pour qu’il soit possible de les reconnaître. Remarquez que beaucoup de jardiniers arrachent des plantules qu'ils ne connaissent pas, ce qui peut leur faire manquer de futurs légumes ou fleurir leur jardin. Inversement, laisser la nature faire son œuvre peut favoriser des espèces envahissantes comme le liseron, nécessitant d'énormes efforts d'entretien par la suite.
Utiliser les semis spontanés favorise la biodiversité et crée un jardin plus naturel. Ces plantes, poussant librement, peuvent être plus résistantes aux ravageurs et maladies comparativement à celles qui sont cultivées dans des conditions sous-optimales.
Cependant, il ne faut pas laisser tous les semis spontanés envahir le potager, car cela risquerait de le transformer en un véritable fouillis, suscitant des difficultés d’entretien et réduisant la productivité. Il est préférable de repiquer les jeunes plants vers d'autres zones décidées de votre potager.
Enfin, attention aux espèces qui s'hybrident entre elles ; certaines peuvent produire des fruits qui ne ressemblent pas à ceux de la plante mère, ce qui pourrait engendrer des surprises désagréables.
Semis spontanés à conserver
Parmi les variétés à garder, celles nées de plantes ayant eu une montée à graines l'année précédente incluent les tomates, laitues, chicorées, haricots, fenouils, mâches, roquettes et aneth. Les plantes ornementales comme la capucine ou le myosotis peuvent également agrémenter votre potager.
Semis spontanés à arracher
Il est conseillé d'arracher les semis de courges, courgettes, potirons et pâtissons, car ceux-ci ont un potentiel élevé d'hybridation, pouvant donner des fruits non comestibles et même toxiques.







