Quatre astronautes se préparent à embarquer pour Artémis II, la première mission habitée autour de la Lune depuis plus d'un demi-siècle. Ce vol, programmé pour le 1er avril, doit marquer un tournant dans l'exploration spatiale américaine et ouvrir la voie au retour de l'homme sur la surface lunaire.
Après plus de cinquante ans ayant suivi le programme Apollo et le dernier envol habité vers la Lune, trois hommes et une femme s'apprêtent à quitter notre planète pour un tour lunaire d’environ dix jours, faisant ainsi un pas décisif dans l'histoire de l'exploration spatiale des États-Unis. Les astronautes, notamment Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch, et le Canadien Jeremy Hansen, auront l'opportunité de vivre une expérience inédite.
Artémis II sera le tout premier vol habité de la nouvelle fusée lunaire SLS, une impressionnante structure de 98 mètres de haut. Ce lanceur unique doit également servir à déployer d’autres missions qui contribueront à établir une base durable sur la Lune, servant de tremplin vers des destinations encore plus éloignées, comme Mars.
Un vol plusieurs fois retardé
Initialement prévu pour début 2024, le lancement d’Artémis II a été repoussé à plusieurs reprises, en raison de divers imprévus, notamment un problème technique détecté sur la fusée. Ce dysfonctionnement impliquait le flux d'hélium dans un des étages de la fusée, nécessitant ainsi une mise en atelier pour inspecter l'appareil.
Francis Rocard, astrophysicien, a déclaré à RTL.fr que ces retards sont normaux pour des lancements habités, rappelant l'importance de la sécurité : "Il y a des hommes à bord, donc on ne peut pas se permettre de prendre le moindre risque".
Un défi technique
Cette mission lunaire ne se limite pas à un simple survol. Elle vise à tester la faisabilité d’un atterrissage sur la Lune d’ici 2028, une date fixée durant le mandat de Donald Trump. Néanmoins, des experts soulignent que cette échéance dépendra de l'évolution d’un alunisseur, en cours de développement par des entreprises telles qu'Elon Musk's SpaceX et Blue Origin de Jeff Bezos.
Pour réaliser ce défi ambitionnant, les États-Unis s’appuient sur la coopération avec des partenaires privés et internationaux, incluant des contributions notables de l'Europe, du Canada et du Japon pour les futures missions Artémis. Ce vol s'inscrit également dans un cadre de compétition internationale, notamment avec la Chine, bien que la NASA précise qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle course à l'espace comme dans les années 60.
Malgré les avancées techniques significatives, la mission reste une entreprise périlleuse, le vaisseau n’ayant jamais été chargé d’un équipage et devant parcourir plus de 384 000 kilomètres.







