À partir du lundi 23 mars, Viktor Orban accueillera à Budapest l'extrême droite européenne lors de « l'Assemblée des Patriotes pour l'Europe ». Le Premier ministre hongrois, face à un opposant redoutable comme Péter Magyar dans la course aux législatives de mi-avril, cherche à s'affirmer comme un leader au rayonnement international.
Avec une population de seulement 9,5 millions d'habitants, la Hongrie devient momentanément l'épicentre de l'extrême droite mondiale. En pleine campagne électorale, les rues de Budapest seront envahies par des portraits de Viktor Orban, financés par des fonds publics, alors que le Premier ministre prépare son assaut politique à l'approche des élections du 12 avril.
Accueillant des figures emblématiques telles que Marine Le Pen, Matteo Salvini et Geert Wilders, Orban espère que cette rencontre n'est pas seulement un rassemblement, mais une véritable plateforme politique pour élargir son influence. Les tensions politiques sont palpables, alors que son parti, Fidesz, est devancé dans les sondages par un candidat libéral proeuropéen.
« Hier, nous étions les hérétiques »
L'Assemblée des Patriotes représente une tentative pour Orban de revêtir une stature internationale. « Nous montrons que l'Europe a encore des dirigeants qui défendent ses citoyens », a affirmé Ádám Kavecsánszki, président de la Fondation pour une Hongrie civique, qui organise l'événement. Ce dernier a ensuite rappelé que, lors d'une édition précédente à Madrid, Orban avait proclamé : « Hier, nous étions les hérétiques. Aujourd'hui, nous sommes le courant majoritaire. »
Dans un contexte de crise économique où la Hongrie fait face à sa plus forte inflation depuis sept ans, l'avenir politique d'Orban est en jeu. Les propos de certains analystes, comme ceux rapportés par L'Humanité, soulignent que l'Assemblée pourrait être perçue comme une tentative désespérée de regagner du terrain.
Récemment, Orban avait partagé la scène avec des figures controversées lors de la Conservative Political Action Conference (CPAC) à Budapest, soutenant ainsi l'axe international des nationalistes. La présence du président libertarien d'Argentine, Javier Milei, et d'Alice Weidel, cheffe de file de l'Alternative pour l'Allemagne, témoigne d'un rapprochement stratégique entre ces mouvements.
« La foi, la famille et la souveraineté nationale »
En parallèle, Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a récemment exprimé le soutien de l'administration Trump envers Orban, plaidant pour un « âge d'or des relations » entre les États-Unis et la Hongrie. Cette dynamique internationale peut renforcer les ambitions d'Orban d'obtenir un cinquième mandat.
Alors que les tensions internes augmentent et que la compétition s'intensifie, l'Assemblée des Patriotes pourrait être le tremplin dont Viktor Orban a besoin pour stabiliser sa position sur la scène politique européenne.







