Dans un contexte de tensions croissantes, Sanae Takaichi et Donald Trump affichent une coopération marquée, cependant, la fermeture du détroit d'Ormuz pose un défi inquiétant à cette harmonie. La Première ministre japonaise est attendue à Washington pour un sommet fragile.
À son arrivée au pouvoir en octobre, Takaichi a rapidement cherché à établir une relation constructive avec Trump, alliant flatterie et stratégie politique héritée de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe. Paul Nadeau, expert en relations nippo-américaines à l'Université Temple, souligne que Takaichi partage des affinités idéologiques avec Trump. Toutefois, le Japon subit lourdement les conséquences des droits de douane imposés par les États-Unis, essentiels pour son économie exportatrice, tout en étant aussi contraint de faire de lourds investissements sur le territoire américain.
Les deux dirigeants avaient semblé solidifier leur complicité lors de la visite de Trump au Japon en octobre dernier. Néanmoins, l'intensification des hostilités en Iran, provoquée par l'opération Epic Fury, marque un tournant. Cette offensive accroît les inquiétudes japonaises concernant sa sécurité énergétique, avec 65% de ses importations pétrolières transitant par un détroit désormais fermé par le régime iranien. Selon Natixis, cette situation menace gravement l'approvisionnement du Japon en énergie, crucial pour son industrie.
Historiquement prudent face aux crises énergétiques, le Japon dispose de réserves stratégiques capables de couvrir environ 220 jours de consommation. Malgré tout, la dégradation de la situation dans le détroit pourrait engendrer une hausse des prix énergétiques, impactant durement citoyens et entreprises.
Pour résoudre cette crise, Trump a sollicité l’aide de ses alliés, dont le Japon, afin de rouvrir le détroit d'Ormuz. Cependant, les analystes juridiques jugent que l'intervention des forces d'autodéfense japonaises y est délicate. Takaichi a exprimé ses réserves à ce sujet devant le parlement nippon, bien qu'elle redoute les réactions de Trump, qui pourrait considérer le Japon comme un partenaire peu fiable malgré l'impasse dans laquelle il a placé le pays.
Les experts s’interrogent sur l'avenir de cette alliance. Un universitaire a évoqué le fait que Takaichi ne semble pas partager l'idée d'une alliance entre « puissances moyennes », comme l’a récemment avancé le Premier ministre canadien Mark Carney. Selon Hitoshi Tanaka, de l’Institut des recherches du Japon, les défis économiques et de sécurité auxquels le Japon fait face demeurent nettement plus pressants, notamment dans un contexte où Trump dérange souvent les normes diplomatiques établies.







