Ce jeudi 19 mars, le site Mizan Online, un organe officiel du pouvoir judiciaire iranien, a annoncé l'exécution de trois individus qualifiés d'"émeutiers". Ces derniers avaient été condamnés pour avoir participé au meurtre de membres des forces de l'ordre et pour avoir prétendument collaboré avec des puissances étrangères telles qu'Israël et les États-Unis.
Cette décision marquée par une rigidité judiciaire survient après les violentes manifestations qui ont éclaté à la fin décembre en Iran, à l'origine d'un mouvement de contestation généralisé contre la hausse des prix et les conditions de vie difficiles. Les exécutions, qualifiées par les autorités d'actes de justice, reflètent la réponse ferme du gouvernement face à des troubles largement qualifiés de "menaces contre la sécurité nationale".
Les condamnés ont été exécutés après avoir été jugés coupables de "moharebeh", ou "hostilité contre Dieu", ce qui leur a valu une peine capitale. Alors que la Maison Blanche avait communiqué début janvier sur un moratoire potentiel concernant 800 exécutions de manifestants, Téhéran a récusé cette approche, affirmant que la sécurité et l'ordre public demeurent une priorité. Ce climat de tension a été exacerbé par les accusations de "terrorisme" portées par les autorités contre les manifestants, comme l'indiquent les rapports du gouvernement iranien.
Une répression sans précédent
Les événements qui ont eu lieu depuis fin décembre ont causé le décès d'au moins 300 personnes selon les chiffres officiels, bien que l'agence de presse Human Rights Activists News Agency, localisée aux États-Unis, évoque un bilan beaucoup plus lourd, estimant à plus de 7 000 le nombre de victimes, en grande majorité des manifestants.
En effet, ces troubles sociaux, initialement pacifiques, ont pris une tournure violente, engendrée par ce que le gouvernement décrit comme des "manipulations étrangères". En 2025, l'Iran a enregistré plus de 1 500 exécutions, témoignant d'une intensification de la répression dans un climat déjà lourd de tensions internes. Cette situation est préoccupante et interpelle la communauté internationale, notamment les organisations des droits humains qui dénoncent un chiffre record d'exécutions jamais atteint depuis 35 ans.
Alors que les autorités continuent de mener des actions répressives, le besoin urgent d'un dialogue et d'une réforme reste crucial pour résoudre les crises sociales en cours. Les experts s'accordent à dire que ces pratiques extrêmes ne font qu'exacerber un mécontentement déjà profond parmi la population iranienne.







