Les candidats de la triangulaire à Paris ont débattu ce mercredi 18 mars sur BFMTV, se lançant des accusations de désinformation et de compromissions politiques.
Dans une atmosphère particulièrement tendue, les trois candidats restant en lice pour le second tour des élections municipales à Paris ont échangé ce mercredi 18 mars sur le plateau de BFMTV. Sophia Chikirou, représentant de La France insoumise (LFI), s’est ajoutée in extremis à ce débat face à Rachida Dati, la seule représentant la droite après l’alliance votée par Pierre-Yves Bournazel, et Emmanuel Grégoire, le maire sortant socialiste.
« Ce soir, ma seule adversaire est Rachida Dati », a commenté Emmanuel Grégoire, en soulignant les résultats du premier tour : 37,98 % des voix pour lui, contre 25,46 % pour Dati et 11,72 % pour Chikirou. La candidate de Reconquête, Sarah Knafo, a quant à elle annoncé son retrait, réduisant un peu plus la compétition.
Des accusations lourdes de conséquences
Le maire sortant n'a pas mâché ses mots, critiquant fortement la candidature de Dati. Sur le plateau de BFMTV, il a dénoncé une « faute morale » en acceptant le soutien de l’extrême droite, mené par Jordan Bardella. « Vous ne pourrez pas être élue maire de Paris sans le soutien de l’extrême droite », a-t-il affirmé, provoquant une réaction explosive de ses adversaires, qui considèrent cette alliance comme potentiellement nuisible à l'image de leur campagne.
Pour sa part, Rachida Dati a reconnu le retrait de Knafo comme un « acte de responsabilité », un pas en avant pour « battre la gauche ». Elle a évoqué un bilan négatif d’Emmanuel Grégoire, accusaxt ce dernier d’avoir « fascisé » Paris durant ses mandats.
Sophia Chikirou, tentant de se différencier, a insisté sur le fait que « Paris n’a pas besoin d’une maire des riches », se positionnant ainsi comme une alternative crédible et ancrée dans les luttes sociales.
L'affaire de pédocriminalité : un sujet brûlant
Le débat a pris une tournure encore plus sérieuse lorsque Rachida Dati a interpellé Grégoire sur sa gestion d’une affaire de pédocriminalité touchant les centres périscolaires parisiens. Emmanuel Grégoire a qualifié cette situation de « scandale » et a promis un audit complet avec une « convention parisienne des temps de l’enfant », soulignant l’importance d’un changement dans les méthodes de recrutement des animateurs pour éviter de tels incidents à l’avenir.
Sur la question de la sécurité en ville, Dati a réitéré sa proposition d’augmenter le nombre de caméras de surveillance à 8 000, une mesure qui a suscité des critiques tant sur le coût que sur son efficacité réelle. « Je chasserai l’insécurité du territoire parisien », a-t-elle martelé, une promesse qui devra tenir compte des réactions diverses sur son opportunité.
Sophia Chikirou a plaidé pour une réduction de la taxe foncière pour répondre aux préoccupations des Parisiens face à la montée des loyers et a proposé 19 millions d’euros supplémentaires pour les services périscolaires.
Alors que le second tour approche, l'élection des municipales à Paris s’annonce comme un scrutin décisif pour la capitale française, avec un programme chargé et des enjeux colossaux à débattre.
Avec AFP







