Lors d'une audition qui s'est tenue mercredi au Congrès américain, des élus du Parti démocrate ont vivement reproché à la ministre de la Justice, Pam Bondi, d'avoir tenté d'étouffer l'affaire Epstein. Ils l'accusent d'avoir transformé son ministère en un « instrument de vengeance » au service de Donald Trump.
Cette session devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants a eu lieu dans un contexte de tensions exacerbées, suite à la publication le 30 janvier d'une quantité massive de documents par le ministère de la Justice concernant Jeffrey Epstein, un criminel sexuel décédé en prison en août 2019, avant d'avoir pu se défendre devant les tribunaux.
Mme Bondi a précisé qu'il y avait des « enquêtes en cours », se distanciant des déclarations de Todd Blanche, le numéro 2 de son ministère, qui a clairement indiqué que les documents ne révéleraient pas de nouveaux éléments pouvant entraîner des poursuites supplémentaires.
Face à cette situation, l'administration Trump a été mise en avant pour avoir respecté son obligation de transparence, conformément à une loi adoptée en novembre dernier, a précisé Blanche. Cependant, Jamie Raskin, le principal membre démocrate de la commission, n'a pas hésité à l'interpeller : « Vous êtes à la tête d'un étouffement massique de l'affaire Epstein. »
Plusieurs victimes et proches de victimes étaient présents durant l'audition, ce qui a ajouté une tension palpable à l'atmosphère.
Sur le plan des accusations, des élus démocrates, ainsi que le républicain Thomas Massie, coauteur de la loi en question, ont exprimé leur indignation quant à l'occultation des noms de potentiels complices d'Epstein. En outre, ils ont dénoncé la divulgation tardive des noms et coordonnées de victimes, qui a suscité une vive colère avant d'être rapidement retirée.
Pam Bondi, en réponse à ses détracteurs, a engagé un échange de critiques personnelles, tout en défendant la façon dont son ministère a géré la publication des documents dans le cadre d'un délai très serré. « Notre taux d'erreur est très bas, » a-t-elle affirmé, tout en promettant de corriger les éventuelles erreurs de caviardage pour garantir la protection des victimes.
La députée démocrate Pramila Jayapal a appelé la ministre à présenter des excuses aux victimes présentes, suite à cette « inacceptable divulgation de leurs coordonnées », mais Bondi a rejeté cette demande, la qualifiant de « théâtre ».
Pendant sa campagne de 2024, Donald Trump a promis de rendre public l'ensemble du dossier Epstein, mais ses actions ont souvent été perçues comme un manque de transparence. Bien qu'il ait affirmé avoir rompu ses liens avec Epstein avant toute condamnation, des révélations récentes d'un ancien chef de la police de Palm Beach remettent en question cette version. En effet, une retranscription d'une discussion avec le FBI indique que Trump, alors en contact avec le policier, aurait déclaré : « Dieu merci de l'arrêter, tout le monde savait ce qu'il faisait. »
Cette situation nourrit des craintes parmi de nombreuses personnalités dont les anciens liens avec Epstein pourraient être remis en lumière à l'avenir. Les démocrates, en outre, ont interrogé Bondi sur des poursuites engagées contre des personnalités désignées par Trump, se réjouissant que certains juges aient annulé ces innocentes accusations, illustrant ainsi les abus de pouvoir potentiels de l’administration.
Finalement, avec ironie, Raskin a déclaré : « Vous avez transformé le ministère de la Justice en un outil de vengeance pour Trump. Trump commande des inculpations comme il commanderait des pizzas, et vous obéissez. »







