Depuis plusieurs années, Donald Trump manifeste un intérêt marqué pour le Groenland, un territoire danois. À la suite d'une relance de ce sujet en janvier, les Groenlandais montrent une résistance remarquable à ces tentatives d'annexion.
« Le Groenland n’est pas à vendre », a affirmé le Premier ministre groenlandais Jens Frederik Nielsen lors d'une conférence de presse le 13 janvier. En insistant sur le principe d’autodétermination inclus dans les accords d’autonomie de 2009, il a souligné que « l’avenir du Groenland doit être défini par le Groenland lui-même ».
Les propos de Trump, qui évoque l'idée que les États-Unis « ont besoin du Groenland », ont suscité des inquiétudes croissantes. Tranquillisant l’opinion internationale, il a déclaré que le Groenland leur serait acquis « d'une manière ou d'une autre ».
Les stratégies de persuasion de Donald Trump
En mars 2025, devant le Congrès, Donald Trump a salué « l’incroyable peuple du Groenland », les invitant à rejoindre les États-Unis. Selon un article du New York Times, plusieurs approches ont été envisagées pour séduire les habitants groenlandais. Cela comprend une campagne de communication ciblée sur les réseaux sociaux et des références à des liens culturels avec les Inuits d’Alaska.
Le quotidien américain a aussi évoqué des incitations financières possibles pour compenser les subventions actuelles du Danemark, des montants allant jusqu’à 10 000 dollars par personne, voire 100 000 pour les partisans d’une intégration.
Le regard des Groenlandais sur l'américanisation
Pourtant, les Groenlandais expriment un rejet significatif face à toute proposition d'annexion. Un sondage publié par le quotidien danois Berlingske indique que 85 % s'opposent à un rattachement aux États-Unis.
Comme l’a noté la géographe Marine Duc dans Le Monde, le désir d’un changement de protecteur semble s’estomper, témoignant d’un sentiment croissant d’identité groenlandaise.
La maire de Kujalleq, Malene Vahl Rasmussen, a critiqué l'approche américaine dans une lettre ouverte à Trump, arguant que « les promesses d’emploi ne peuvent pas être utilisées comme monnaie d'échange contre la volonté du peuple ».
Une volonté d’indépendance qui prime
La tendance politique actuelle se résume à une quête d’indépendance. « Nous ne voulons pas être Américains ou Danois, nous souhaitons être Groenlandais », insiste Jens-Frederik Nielsen. Sur les réseaux sociaux, des mouvements comme #StandWithGreenland et Hands Off Greenland! reflètent un rejet des interventions extérieures.
Même les Inuits d’Alaska, le 20 janvier 2026, ont exprimé leur soutien au droit du peuple groenlandais à se gouverner lui-même, affirmant dans un communiqué : « Nous sommes Américains, mais avant tout Inuits ».
Lors du Forum économique mondial à Davos, Trump a renoncé à recourir à la force. Un projet d’accord sous l’égide de l’OTAN a été évoqué, qui pourrait impliquer des « petites poches de souveraineté » pour accueillir des installations militaires américaines.
Face aux ambitions américaines, le Groenland est pris dans un paradoxe : riche en ressources, mais résolument déterminé à ne pas devenir un pion sur l’échiquier géopolitique.







