Que penser des récentes déclarations de Trump sur le Groenland? Après un moment de tension, les Européens respirent, mais demeurent sur leurs gardes. Des discussions cruciales auront lieu ce jeudi soir lors d'un sommet extraordinaire sur les relations transatlantiques.
Depuis son retour au pouvoir, le président américain a souvent agité le spectre d'une tension avec les pays européens. Les responsables de l'Union Européenne, déconcertés par les comportements imprévisibles de leur allié traditionnel, redoutaient que le Groenland, territoire autonome danois, ne devienne un enjeu de confrontation.
Bien que Trump ait mis de côté ces menaces pour l'instant, en renonçant à l'imposition de nouveaux droits de douane lors d'un récent accord établi à Davos, l'appel à la vigilance reste fort parmi les leaders européens.
« La voie qui a été tracée, impliquant le Danemark et l'OTAN, est une bonne nouvelle », confie un diplomate européen sous couvert d'anonymat. Toutefois, il ajoute que l'unité et la solidarité doivent rester des priorités pour faire face aux incertitudes.
Les détails des discussions entre la direction de l'OTAN, représentée par Mark Rutte, et Trump restent flous, mais il est rapporté qu'un nouvel accord de défense entre les États-Unis et le Danemark pour le Groenland sera révisé. Une source proche de l'AFP a indiqué que c'est précisément ce que Washington espérait.
Mais cette accalmie peut-elle être durable? L'angoisse persiste quant à la possibilité que Trump ravive des tensions sur d'autres sujets, comme le conflit en Ukraine ou les nouvelles formes de gouvernance internationale qu'il propose avec son supposé « Conseil de paix ».
Jeudi, Trump a de nouveau suggéré des « représailles » si les pays européens poursuivaient la vente de la dette américaine, ce qui souligne le caractère instable de son engagement envers ses alliés.
Ainsi, un sommet extraordinaire à Bruxelles sera organisé pour évaluer les relations transatlantiques, fortement ébranlées ces derniers mois. « Trump a franchi le Rubicon. Rien ne garantit qu'il ne renouvellera pas ses actions perturbatrices », note un diplomate de l'UE auprès de l’AFP. La réunion, prévue rapidement au bâtiment du Conseil, a pour but de sensibiliser les 27 membres sur la nécessité d'élaborer un « plan B ».
De son côté, le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé ses préoccupations sur la nouvelle orientation de la politique étrangère américaine. Il a insisté pour que les pays européens investissent dans leur défense et renforcent leur compétitivité économique.
Les discussions s’orientent également vers la formulation d'une réponse potentielle de l'UE face à l'administration Trump, non pas à activer immédiatement, mais en se préparant à d'éventuels futurs conflits. Un diplomate européen estime que la menace d'une riposte forte a incité Trump à changer de cap sur le Groenland.
« La fermeté et l'unité de l'UE ont joué un rôle dans son changement de position », souligne-t-il. « Les pressions politiques internes aux États-Unis et la réaction des marchés financiers ont également pesé dans la balance. »







