Blois (AFP) – Le procès de Marvin J., accusé de tentative de meurtre sur son ex-compagne Chloé P., a captivé l'attention à la cour d'assises du Loir-et-Cher. L'accusé, âgé de 30 ans, s'est déclaré coupable d'un acte de violence insensé, affirmant avoir "vrillé" lors de l'agression, survenue en décembre 2022.
Dans une ambiance tendue, Marvin J. a décrit sa relation avec Chloé P., qu'il a rencontrée sur Internet en août 2022, en minimisant les violences rapportées par ses proches. Lors de son témoignage, il a évoqué la journée fatidique du 13 décembre, où Chloé, désespérée, avait tenté de porter plainte contre lui peu avant l'agression.
Aux yeux du public, ce procès souligne les tragédies souvent invisibles des violences conjugales, qui touchent chaque jour plus de trois femmes en France, comme l'indiquent les données de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).
Les circonstances de l'agression restent troublantes. Marvin J. a révélé avoir été pris par la colère après que Chloé lui ait annoncé qu'elle avait avorté d'un enfant qu'ils attendaient. Il a décrit l'attaque en des termes glaçants, se souviennent des "dix secondes top chrono" où tout a basculé, alors qu'elle s'apprêtait à quitter l'immeuble pour demander de l'aide.
Sur le banc, Chloé P., entourée de sa famille, a montré peu de réactions, mais son parcours de vie a profondément touché l'audience. Deux mois dans le coma et des séquelles, y compris la perte d'un œil et des dégâts neurologiques, témoignent de la brutalité de l'attaque. Sa mère a partagé avec émotion tout ce que sa fille a perdu : souvenirs, goût, odorat. Comme l'a souligné un expert en violence de genre, "chaque cas de violences conjugales est un appel à l'action pour notre société".
Les regards sont désormais tournés vers le verdict, attendu en fin de journée. Alors que le système judiciaire s'efforce de répondre à cette crise, les témoignages de victimes comme Chloé soulignent l'urgence d'une prise de conscience collective et de mesures préventives. L'avenir de la lutte contre les violences conjugales dépend de notre capacité à agir.







