La France a récemment annoncé son intention de participer à une mission militaire européenne au Groenland, marquant ainsi un engagement stratégique dans une région de plus en plus sous tension. Cette décision s'inscrit dans un contexte marqué par la volonté controversée de Donald Trump d'annexer ce territoire, qui relève actuellement de la souveraineté danoise.
Le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la Revue Défense Nationale, souligne que cette opération militaire répond à une demande spécifique du Danemark. En envoyant des troupes, la France démontre sa solidarité avec son allié face aux menaces perçues, notamment celles en provenance des États-Unis. Pellistrandi déclare que le geste vise aussi à envoyer un message clair à Washington : le Groenland ne peut être la cible d'une appropriation unilatérale.
La France souhaite rappeler à ses alliés, en particulier aux États-Unis, que toute intention de revendication doit être sérieusement réévaluée. En participant à ce déploiement, elle démontre également le rôle actif de l'OTAN dans la sécurisation du Groenland et du Grand Nord, réponse à des allégations infondées selon lesquelles le territoire serait sous la menace directe de pays comme la Chine et la Russie.
Malgré des craintes d'un conflit armé direct, Pellistrandi estime peu probable une confrontation militaire entre Washington et les forces européennes. Les États-Unis, malgré leur supériorité militaire, seraient confrontés à des répercussions politiques lourdes en cas d'attaque.
La coopération militaire entre la France et les États-Unis a jusqu'ici été forte, même sous la présidence Trump. Cependant, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, doit naviguer entre l'affirmation d'une coopération étroite et l'affichage d'une posture défensive face aux menaces potentielles.
Actuellement, la présence militaire danoises au Groenland se compose principalement d'unités de « présence », sans garnison permanente en raison des conditions climatiques extrêmes. Toutefois, le Danemark a récemment investi massivement dans ses capacités militaires, achetant notamment des missiles français et renforçant sa flotte d'avions de combat.
Du côté français, une première vague de quinze militaires a été déployée au Groenland, avec la promesse d'un soutien logistique supplémentaire à venir sous forme terrestre, aérienne et maritime. FranceInfo rapporte que la brigade d'infanterie de montagne, reconnue pour ses compétences dans les zones froides, apportera son expertise en conditions extrêmes, offrant ainsi un savoir-faire précieux à ses alliés. Les équipements adaptés, tels que les véhicules chenillés et les avions de transport A400M, seront essentiels pour mener à bien les missions dans ce climat rigoureux.
Globalement, l'envoi de troupes françaises au Groenland illustre non seulement un engagement stratégique, mais aussi une volonté de solidarité avec un membre loyal de l'OTAN. Tout en soulignant les défis de sécurité croissants dans l'Arctique, cette mission rappellera que l'union entre les nations est cruciale pour une défense efficace face à des menaces communes.







