Depuis son arrivée en France, la fourmi électrique, ou Wasmannia auropunctata, suscite de vives inquiétudes. Repérée pour la première fois en métropole en 2022, cette espèce invasive originaire d'Amérique du Sud n'est pas seulement minuscule, mais également redoutable. Ses piqûres douloureuses, pouvant engendrer des réactions allergiques sévères, posent un danger pour les humains et les animaux domestiques.
Située à La Croix-Valmer, dans le Var, cette fourmi a déjà causé des désagréments notables, comme l’illustre l’expérience de Boris Martor, dont le fils a souffert de piqûres provoquant éruptions cutanées et douleurs intenses. La fourmi électrique a également démontré sa capacité à perturber l'écosystème local en éliminant les autres espèces d'insectes, et ce, à une vitesse alarmante.
Selon l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), cette espèce figure parmi les cent pires espèces invasives au monde. Les efforts pour son éradication sont actuellement entravés par des contraintes budgétaires et administratives. Malgré un financement public initial de 200.000 euros pour une première super-colonie à Toulon, précisait Olivier Blight de l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie, la situation à La Croix-Valmer demeure préoccupante, notamment en raison du manque de ressources.
La menace que représente la fourmi électrique va bien au-delà de la région du Var. Éric Hansen, directeur de l'Office français pour la biodiversité dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, alerte : "Soit nous investissons maintenant dans la gestion de cette infestation, soit nous courons le risque de dépenses bien plus élevées plus tard." Des experts affirment que l'absence de mesures proactives peut effectivement mener à des millions d'euros de pertes économiques.
Des chercheurs explorent actuellement des méthodes d'éradication adaptées, mais la résistance de cette fourmi aux traitements standards complique les choses. Luc Gomel, ingénieur agronome, indique que la stratégie efficace pourrait nécessiter une dérogation pour utiliser des produits potentiellement efficaces, comme le Campaign, qui a montré des résultats mitigés.
Alors que les autorités françaises cherchent des solutions, l’encadrement de cette espèce invasive apparaît comme une obligation urgente. La fourmi électrique ne menace pas seulement la biodiversité locale, mais elle pourrait également bouleverser nos écosystèmes, comme l'a souligné l'Office français pour la biodiversité dans des communications récentes. La communauté scientifique et politique doit s’unir pour contrer cette nouvelle menace qui s’annonce déjà comme un défi majeur de la décennie à venir.







