La présentation d'une nouvelle Barbie incarnant les personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA) a déclenché un vaste débat. Si Mattel met en avant un engagement fort pour la diversité et l'inclusion, l'association SOS Autisme ne cache pas son indignation, la qualifiant de manœuvre commerciale douteuse.
La poupée a été conçue en collaboration avec l'Autistic Self Advocacy Network (ASAN) et Rofrane Bambara, visant à offrir une représentation fidèle des caractéristiques et des besoins des personnes autistes. La Barbie est dotée de fonctionnalités uniques, telles que des articulations adaptables permettant des mouvements d'autostimulation, ainsi qu’un regard qui traduit une sensibilité particulière. Elle est accompagnée d’accessoires comme un fidget spinner, un casque antibruit, et une tablette de communication, destinés à répondre aux besoins sensoriels et communicationnels de cette population.
Olivia Cattan, présidente de SOS Autisme, a exprimé son désarroi : "J'ai été extrêmement choquée par cette initiative. Cela réduit un syndrome complexe à une simple opération marketing, ce qui est problématique." Elle souligne que la représentation ne doit pas occulter la gravité et les défis associés à l'autisme.
Pourtant, certains experts estiment que cette démarche pourrait contribuer à sensibiliser le jeune public aux réalités de l'autisme. La pédiatre et spécialiste des troubles développementaux, Dr. Sarah Dupont, affirme que "cette poupée peut initier des conversations essentielles entre les enfants, sur la diversité et l'acceptation des différences".
Au-delà des controverses suscitées, ce lancement s’inscrit dans une tendance plus vaste visant à apporter de la variété et une représentation variée dans le secteur des jouets. Mattel a, ces dernières années, élargi son offre avec des Barbies reflétant différentes morphologies et capacités, répondant ainsi à une attente croissante du public pour des produits plus inclusifs.
Malgré le tollé occasionné, il semble clair que la question de la représentation dans le monde du jouet continuera d'alimenter les débats. Des associations comme SOS Autisme plaident pour une approche plus authentique et réfléchie, tandis que d’autres voient dans ces initiatives l’opportunité d’une conversation plus large sur l’acceptation des différences.







