L'armée syrienne a intensifié ses frappes sur des quartiers kurdes d'Alep, sommant les combattants de se rendre alors que des affrontements déclenchés ces derniers jours ont fait au moins 21 victimes civiles. La situation est dramatiquement tendue alors que cette grande ville du nord de la Syrie devient le théâtre de combats acharnés entre les forces gouvernementales et la minorité kurde, qui contrôle une partie du nord-est du pays.
La violence a forcé des milliers de civils à fuir leur domicile, avec l'ONU estimant que près de 30 000 familles ont été déplacées. Un cessez-le-feu avait été annoncé par le gouvernement, promettant une évacuation des combattants kurdes. Cependant, ces derniers ont refusé la reddition, se déclarant prêts à défendre leur territoire contre toute agression, malgré les appels à l'évacuation.
Le ministère de la Défense syrien a averti que la seule option qui restait aux forces armées dans le quartier de Cheikh Maqsoud était de rendre les armes au poste de contrôle militaire le plus proche. Les hostilités se sont intensifiées après que les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) ont évoqué des attaques de l'armée sierraiéenne soutenues par des bombardements d'artillerie. Sur les réseaux sociaux, les appelations à la résistance se sont multipliées, les Kurdes accusant l'armée d'intensifier son offensive militaire.
Des experts s'inquiètent de cette escalade des violences. Nanar Hawach, analyste à l'International Crisis Group, a souligné que ces événements remettent en question la fragile dynamique d'intégration entre Damas et les FDS. Les récentes actions militaires semblent faire ressortir une volonté d'affirmer le contrôle du gouvernement central, et s'éloignent ainsi des approches négociées.
Alors que ces affrontements se poursuivent, plus de 400 familles de déplacés ont été accueillies dans des mosquées ouvertes à cet effet, selon le ministère syrien de la Religion. Un émissaire américain pour la Syrie serait également en route pour Damas, une tentation politique visant à ramener le calme dans une région déjà marquée par des conflits géopolitiques complexes.
Les violences à Alep illustrent la fragilité des accords passés entre le gouvernement syrien et les Kurdes. Selon des sources locales, l'armée a déjà perdu plusieurs de ses membres durant ces combats, ce qui témoigne de la détermination des deux parties à rivaliser pour le contrôle de la ville. Les débats sur la réconciliation politique deviennent de plus en plus urgents, alors que le risque d'une escalade plus large reste omniprésent.







