Le secrétaire général de l'ONU Climat a exprimé sa profonde désapprobation face à la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de plusieurs accords climatiques, la qualifiant de "colossal but contre son camp". Cette déclaration a fait écho à un sentiment partagé parmi les experts du climat et les responsables mondiaux.
Le président américain a récemment signé un décret ordonnant le départ des États-Unis de 66 organisations, dont la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui est considérée comme le fondement de tous les autres traités climatiques internationaux. Cette décision s'inscrit dans une stratégie plus large de l'administration Trump, permettant de contester la diplomatie climatique, souvent jugée injuste par le gouvernement américain.
Simon Stiell, le secrétaire exécutif de la CCNUCC, a déploré cette décision, soulignant qu'elle pourrait réduire la sécurité et la prospérité des États-Unis, tout en laissant une porte ouverte à la réintégration future. "Ce retrait est regrettable et malheureux", a-t-il déclaré, indiquant que les États-Unis risquent de se retrouver isolés sur la scène climatique mondiale.
Pour son premier mandat, Trump avait déjà quitté l'accord de Paris, un traité signé en 2015, mais cette fois-ci, il franchit un pas supplémentaire en se retirant également de la CCNUCC elle-même. Cette étape est perçue comme un coup dur pour les efforts globaux de lutte contre le changement climatique, fracturant le consensus déjà fragile qui se construisait depuis des années.
« Cela représente un défi majeur pour l'action climatique internationale », a déclaré l'analyste Li Shuo, de l'Asia Society Policy Institute, soulignant que le retrait américain pourrait bouleverser les dynamiques de négociation qui ont été établies au fil du temps. Wopke Hoekstra, le commissaire européen au Climat, a également réagi avec inquiétude, en qualifiant cette décision de regrettable et en évoquant ses implications pour l'engagement global face au changement climatique.
En outre, le Trésor américain a annoncé la sortie du Fonds vert pour le climat, qui soutient les pays en développement dans leurs efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cela crée un vide supplémentaire dans le financement de l'adaptation au changement climatique, particulièrement dans les pays les plus vulnérables.
Le climat n'est pas la seule priorité sacrifiée par l'administration Trump. Ce retrait s'accompagne d'une dénonciation plus large des principes des Objectifs de développement durable de l'ONU, notamment concernant l'égalité des sexes. Le secrétaire d'État Marco Rubio a qualifié ces organisations de promoteurs d'une "idéologie progressiste", renforçant l'idée que l'administration vise à remodeler la politique mondiale selon sa propre vision.
Alors que la tension monte autour des politiques climatiques, l'incertitude persiste quant aux conséquences juridiques de ce retrait. Certains experts, comme Jean Su du Centre pour la diversité biologique, soutiennent que le départ unilatéral des traités pourrait enfreindre les lois américaines. Avec de nombreuses voix s'élevant contre cette direction, le débat sur le rôle des États-Unis dans la lutte mondiale contre le changement climatique continue de se développer.







