Israël a récemment confirmé son interdiction d'accès à la bande de Gaza pour 37 organisations humanitaires, y compris Médecins Sans Frontières (MSF), qui ont refusé de divulguer l'identité de leur personnel palestinien. Cette décision a provoqué une onde de choc dans la communauté humanitaire, les acteurs de l'aide exprimant des préoccupations majeures quant aux conséquences pour ceux qui dépendent de cette assistance.
Selon les autorités israéliennes, cette mesure vise à « empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires ». Cependant, MSF a qualifié cette exigence d'« ingérence scandaleuse », soulignant que l'aide humanitaire ne devrait pas être utilisée comme un outil politique. L'ONG a déclaré dans un communiqué que cette réglementation est une « tentative cynique et calculée d'empêcher les organisations de fournir des services à Gaza et en Cisjordanie » occupée.
MSF, qui soutient « un lit d’hôpital sur cinq à Gaza et aide une mère sur trois lors de l’accouchement », se dit inquiète de la sécurité de ses employés, ayant déjà enregistré la perte de 15 collègues tués par les forces israéliennes depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023. Des experts en droits de l'homme, tels que le Dr. Claude Maillant, un éminent spécialiste des affaires humanitaires, ont également exprimé leur inquiétude, affirmant que ces nouvelles exigences pourraient avoir un impact dévastateur sur les opérations humanitaires dans la région.
Il est à noter que cette réglementation, bien qu'actuellement appliquée à Gaza, soulève des craintes qu'elle puisse bientôt s'étendre à la Cisjordanie. Dans un contexte déjà très tendu pour les travailleurs médicaux et humanitaires, MSF insiste sur l'absence de clarté quant à l'utilisation et la conservation des données sensibles des employés. L'ONG a fait valoir que ces inquiétudes sont amplifiées par les incidents fréquents d'intimidation, d'arrestation arbitraire et d'attaques dirigées contre les travailleurs humanitaires.
Les ONG concernées, dont le Norwegian Refugee Council, Care, World Vision et Oxfam, seront théoriquement tenues de quitter Gaza d'ici le 1er mars, à moins qu'elles ne soient capables de répondre aux exigences formelles. La société internationale a largement critiqué cette réglementation, allant jusqu'à enjoindre les autorités israéliennes de reconsidérer leur position. Des entités comme le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) appellent aussi à un dialogue constructif pour garantir la protection des opérations humanitaires.







