Depuis le 1er janvier, la Chine a introduit une taxe de 13 % sur les pilules contraceptives et les préservatifs, mettant fin à une exemption qui datait des années 90. Cette initiative, officiellement présentée comme une mesure fiscale pour renforcer les finances de l'État, a en réalité des objectifs cachés liés à une natalité en déclin. En 2022, la Chine a enregistré son premier déclin démographique en près de 60 ans, suscitant de vives inquiétudes parmi les responsables politiques.
La baisse de la natalité est devenue un enjeu majeur, notamment à cause des effets persistants de la politique de l'enfant unique, introduite dans les années 1970. Bien qu’assouplie ces dernières années, la culture du contrôle des naissances a laissé des traces profondes. Selon Le Monde, de nombreux couples hésitent à avoir plus d'enfants en raison des coûts de la vie et des inquiétudes sur l'éducation.
Les experts estiment que cette nouvelle taxation pourrait avoir l'effet inverse, éloignant encore plus les jeunes couples de l’idée de fonder une famille. "Augmenter le prix des contraceptifs peut conduire à une population moins informée et finalement à une augmentation du nombre d'avortements, plutôt qu'à une hausse de la natalité", note un démographe de l'Université de Pékin lors d'une interview.
Certains analystes évoquent, par ailleurs, le risque que cette mesure soit perçue comme une ingérence dans la vie personnelle des citoyens. Le centre de recherche Shanghai Academy of Social Sciences a déclaré que des mesures plus positives, telles que des subventions financières pour les familles, seraient plus incitatives.
Alors que la Chine cherche à rebondir démographiquement, la stratégie choisie pourrait révéler un besoin urgent d'une réflexion plus approfondie sur les véritables motivations et attentes des couples dans un contexte socioculturel moderne. La population regarde avec attention comment le gouvernement entend résoudre ce défi pressant.







