Le syndicat des scénaristes américains (WGA) a engagé des poursuites, mardi, contre le projet de rachat du studio Hollywoodien Warner Bros Discovery par Paramount Skydance. Selon la WGA, cette fusion compromettrait le droit à la concurrence et menacerait la profession. Ce développement fait suite à une action similaire entreprise par la Californie et onze autres États australiens, ajoutant un obstacle de taille à la fusion, malgré l'approbation du ministère américain de la Justice. « Nous sommes déterminés à lutter contre cette union, car elle risque de nuire à l’écosystème de la création cinématographique », a déclaré Tom Fontana, le président de la branche Est du syndicat.
Beaucoup craignent que cette fusion de 110 milliards de dollars ne résulte en une vague de licenciements dans un secteur déjà affaibli par la consolidation. Si cette opération se concrétise, la famille Ellison, propriétaire du conglomérat Paramount Skydance, pourrait détenir deux grandes chaînes d’information, CBS News et CNN, ainsi que deux géants du cinéma, Paramount Pictures et Warner Bros, sans oublier des plateformes de streaming telles que Paramount+ et HBO Max.
Les craintes du syndicat des scénaristes
Le nouveau conglomérat serait, d'après les dires de la WGA, « le plus grand acheteur de programmes cinématographiques et télévisuels originaux aux États-Unis », nuisant ainsi à la santé économique et créative de l'industrie du divertissement. « Cette concentration de pouvoir pourrait réduire les salaires, limiter les opportunités pour les scénaristes émergents, et appauvrir le contenu proposé », a-t-il ajouté. Le syndicat évoque des enjeux de diversité narrative et appelle à une mobilisation générale pour inverser cette tendance.
D’un autre côté, Paramount mise sur l'idée que ce rachat donnera naissance à un concurrent solide face à des géants comme Netflix et Amazon. La société a promis de produire au moins trente films par an, avec un minimum de quarante-cinq jours de projection en salle.
Au-delà des recours judiciaires aux États-Unis, le sort de cette fusion reste incertain en Europe et au Royaume-Uni, où les régulateurs n’ont pas encore donné leur feu vert. Les discussions s'intensifient, et le tournant de cette affaire pourrait redéfinir le paysage du divertissement mondial.







