Le 15 juin, le Parlement européen a validé un accord historique visant à renforcer les droits des passagers aériens, malgré les préoccupations des compagnies. Ce texte entrera en vigueur après un vote en juillet.
Payer pour être assis à côté de son enfant ? C'est désormais révolu. Après treize ans de débats, une réforme européenne des droits des passagers aériens a été adoptée, offrant de nouveaux droits aux voyageurs. Voici les principaux changements en perspective.
Le droit de voyager avec ses enfants sans surcoût
Désormais, les compagnies ne pourront plus imposer de frais pour que les parents soient assis à côté de leurs enfants mineurs. Au moment de la réservation, même si les sièges sont attribués automatiquement, les familles seront garanties d'être ensemble sans coûts supplémentaires.
Indemnisation en cas de retard prolongé
Pour les vols accusant plus de trois heures de retard, les passagers pourront se faire indemniser d'un montant variant de 250 à 600 euros, selon la distance. Bien que certaines compagnies et États aient proposé de réduire ces remboursements, le palier de trois heures demeure inchangé. L'obligation pour les compagnies de faciliter les démarches de réclamation sera également renforcée.
Cependant, une inquiétude persiste : selon l’Association du transport aérien international (IATA), les coûts liés aux indemnisations atteignent 8 milliards d'euros par an. La peur d'une augmentation des annulations de vols plane, Airlines for Europe avertissant que « les passagers pourraient être les grands perdants » de cette situation.
Des mesures d'assistance améliorées
En cas de retard prolongé, les compagnies auront des obligations claires : proposer des rafraîchissements toutes les deux heures et un repas au bout de trois heures. En cas de report de vol, elles devront également garantir un hébergement pour la nuit.
Une flexibilité supplémentaire s'appliquera aux femmes enceintes, aux personnes à mobilité réduite et aux mineurs non accompagnés en cas de retard à l'enregistrement.
Bagages cabine inclus dans le tarif
La réforme impose également aux compagnies de proposer dès le début de la réservation un tarif intégrant un bagage cabine. Bien que le poids du bagage reste à préciser, il se pourrait que celui-ci soit fixé à 7 kg, évitant ainsi des frais cachés à la fin du processus de réservation.
Modifications pour les cas de non-présentation
Une autre avancée importante : si un passager ne se présente pas pour un vol aller, cela ne mènera plus à l'annulation automatique du vol retour, une pratique connue sous le nom de "no show".
Ces nouvelles mesures ne prendront pas effet immédiatement. Elles nécessiteront un vote formel des eurodéputés en juillet, suivi de leur validation juridique.
Réactions variées aux nouvelles mesures
> Alexis Vafeades, ministre des Transports de Chypre, fier de cet accord, parle d'un "accord historique" pour protéger les droits des passagers européens.
> En revanche, Willie Walsh, directeur général de l'IATA, critique ce processus qu'il juge influencé par des tendances populistes au sein du Parlement européen, affirmant que l’accord représente une "occasion manquée" pour améliorer réellement la compétitivité des compagnies aériennes.
> Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) a salué cet accord, soulignant en particulier la fermeté du Parlement dans la défense des droits des passagers.







