Au cœur d'une forte dynamique démographique, le Maghreb approche d'une réalité préoccupante : la natalité s'effondre. Au Maroc et en Tunisie, l’indice de fécondité est désormais inférieur au seuil de renouvellement des générations, tandis qu’en Algérie, il reste légèrement au-dessus.
Une étude récente de l’Institut national d’études démographiques (Ined), diffusée fin mai et reprise par CNews, met à jour cette tendance alarmante. Les démographes pointent une baisse « historique » des naissances, qualifiée de « durable ». Dans les années 1970, les femmes de la région donnaient encore naissance à sept ou huit enfants en moyenne. Ce chiffre a chuté de moitié dès les années 1990, poursuivant sa descente inexorable. Actuellement, on estime l’indice de fécondité à 1,53 enfant par femme en Tunisie, 1,97 au Maroc et 2,61 en Algérie.
Particulièrement, l’Algérie avait connu une embellie démographique entre 2000 et 2017, atteignant plus de trois enfants par femme. Cependant, en Tunisie, après un pic à 2,4 enfants par femme en 2014, le déclin s’est également réinstallé, tandis que le Maroc continue de descendre sans relâche.
Un solde naturel en baisse
Les raisons de ce phénomène sont multiples : allongement des études, insertion professionnelle tardive, et un recul du mariage, où les femmes tunisiennes se marient en moyenne à 28,9 ans. L’utilisation de contraceptifs est également en forte augmentation, avec 71 % des femmes mariées au Maroc qui y recourent, contre 55 % en Tunisie et 50 % en Algérie.
Cette diminution de la natalité entraîne inéluctablement un vieillissement de la population. En Tunisie, la proportion de personnes âgées de 60 ans et plus a grimpé de 8 % en 1997 à 17 % en 2024. Au Maroc, ce chiffre est de 13,8 %, tandis qu'en Algérie, il se chiffre à 10,5 %. Cette évolution réduit progressivement le solde naturel, soit la différence entre le nombre de naissances et de décès, engendrant des défis socio-économiques considérables pour les années à venir.







