L'Iran a déclenché une nouvelle escalade en envoyant dimanche des missiles vers Israël, qui a réussi à les intercepter, rompant ainsi un cessez-le-feu fragile au centième jour d'un conflit régional intense.
L'armée israélienne a déclaré dans un communiqué que "tous les missiles tirés depuis l'Iran avaient été interceptés", suite à deux vagues d'attaques. Les sirènes d'alerte ont retenti dans de nombreuses régions du nord d'Israël.
Cet acte représente la première attaque iranienne contre Israël depuis l'accord de cessez-le-feu établi le 8 avril. Pendant ce temps, les hostilités se poursuivent également dans le sud du Liban, où des obus ont été tirés vers Israël, entraînant une réponse israélienne qui a touché le sud de Beyrouth, faisant deux morts et une vingtaine de blessés.
L'approche des États-Unis, qui tentent de dissocier ces deux fronts, est vue par l'Iran comme étant indissociable. Tehran a déclaré que ses frappes étaient un "avertissement" face aux bombardements israéliens sur Beyrouth et a promis des ripostes "plus fortes" en cas de nouvelle attaque.
"Le régime terroriste iranien fait une grave erreur en utilisant à nouveau la violence", a affirmé le colonel Effie Defrin, porte-parole de l'armée israélienne, lors d'une allocution télévisée.
- Trump cherche à apaiser -
Face à cette situation tendue, le président américain Donald Trump a exprimé son inquiétude concernant les négociations avec l'Iran, déclarant qu'il allait contacter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répondre aux frappes iraniennes, comme rapporté par Axios.
"Nous sommes en passe de conclure un accord définitif avec l'Iran. Je ne souhaite pas que cette situation vienne compromettre ces négociations", a-t-il déclaré lors de divers entretiens avec des médias.
Israël a annoncé la fermeture de toutes les écoles, tandis que l'Irak et la Syrie ont restreint leur espace aérien. L'Iran a également fermé temporairement son espace aérien à l'ouest du pays.
Dans une interview accordée à Fox News, Trump a souligné que les attaques iraniennes ne feraient qu'entraver les négociations, tout en rappelant qu'un accord pourrait être signé dans les jours à venir. M. Trump a également exprimé son mécontentement quant aux frappes israéliennes sur Beyrouth.
"Revenez à la table des négociations et finalisez un accord", a-t-il lancé aux dirigeants iraniens.
L'armée israélienne a affirmé qu'elle poursuivrait ses opérations au Liban et intensifierait ses actions contre le Hezbollah, qui a confirmé avoir attaqué des cibles militaires dans le nord d'Israël.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a discutté des derniers développements au Moyen-Orient avec ses homologues britannique, turc et pakistanais.
- Retombées menaçantes -
L'Iran a récemment menacé de s'attaquer aux intérêts américains et israéliens, compliquant davantage les efforts pour parvenir à un accord qui mettrait fin à cette guerre en cours.
Ce conflit, qui a débuté le 28 février suite à des frappes israélo-américaines, a des répercussions profondes sur la région et l'économie mondiale.
Selon Mohammad Bagher Ghalibaf, négociateur en chef de l'Iran, les intérêts américains et israéliens dans la région sont désormais des "cibles légitimes" suite au soutien accordé par les États-Unis à Israël.
Malgré ces tensions, des médiations sont toujours en cours. Le ministre de l'Intérieur iranien, Mohsin Naqvi, se trouve à Téhéran avec un "message très important" destiné au guide suprême, Mojtaba Khamenei.
Les habitants de Téhéran ressentent une profonde incertitude, exacerbée par une crise économique. Farhad, un chef cuisinier, a partagé son inquiétude en affirmant qu'une paix durable semblait loin d'être atteinte.
- Frappes ciblées -
Dans ce contexte, Trump a plaidé pour des opérations plus "chirurgicales" contre Hezbollah, tout en réaffirmant que le Liban ne devrait pas être inclus dans un accord définitif avec l'Iran.
Enfin, des points de tension subsistent, notamment autour des avoirs iraniens gelés, du contrôle du détroit d'Ormuz et d'autres enjeux majeurs pour Téhéran. Héloïse Fayet, chercheuse à l'Institut français des relations internationales (Ifri), souligne que des obstacles subsistent avant une résolution durable.







