La République Démocratique du Congo et l'Ouganda sont en proie à une épidémie d'Ebola alarmante, avec près de 250 décès pour plus de 1 100 cas recensés. Face à cette crise, plusieurs organisations internationales lancent des efforts pour développer dans les plus brefs délais un vaccin contre la souche rare Bundibugyo.
La situation critique a mis les scientifiques dans une course contre la montre. Des chercheurs et des organismes de santé décident d'intensifier leurs recherches pour établir un vaccin adapté, qui sera testé sur le terrain dans les régions affectées. S'il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola en RDC, la souche Bundibugyo n'a pas encore de traitement validé, ce qui aggrave la situation.
Parmi les candidats, le vaccin rVSV Bundibugyo, développé par l'International AIDS Vaccine Initiative (IAVI), se démarque comme le plus prometteur. Ce vaccin utilise la même technologie que celle utilisée pour le vaccin Ervebo, homologué contre la souche plus courante du virus. Thomas Geisbert, virologue ayant joué un rôle clé dans le développement d'Ervebo, a mentionné des résultats prometteurs d'essais réalisés en 2013 sur des primates, mais a aussi souligné le manque d'intérêt prolongé pour ce vaccin.
Des financements, comme ceux annoncés par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), permettent d’accélérer le développement d’autres candidats-vaccins, y compris un projet en cours à l'Université d'Oxford. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, a qualifié cela d'avancée significative dans la lutte collective contre Ebola.
En parallèle, des chercheurs de l'INSERM ont appelé à une évaluation urgente de la possibilité d'utiliser un vaccin déjà approuvé. Le soutien financier de jusqu'à 50 millions de dollars, annoncé par Gavi, vise à garantir que, dès qu'un nouveau vaccin sera prêt, sa production puisse commencer immédiatement.
Malgré ces efforts, des défis persistent: les essais cliniques se dérouleront dans un contexte de pauvreté, de conflits et de scepticisme parmi les populations locales. Richard Hatchett, directeur de la CEPI, a averti qu'il est essentiel de rester vigilant face à la nature expérimentale de ces produits. D'autres initiatives visent à tester rapidement des traitements antiviraux et des anticorps pour contrer la souche Bundibugyo, offrant ainsi un rayon d'espoir pour les communautés touchées.







