Trente-deux ans après le tragique génocide, la France s'apprête à honorer la mémoire des victimes. Ce mardi après-midi, le président Emmanuel Macron et son homologue rwandais Paul Kagame inaugurent un mémorial à Paris, destiné à commémorer les disparus du génocide de 1994 contre les Tutsi, comme l'a annoncé l'Élysée.
« Érigé sur les rives de la Seine, ce mémorial nommé "L’Archive", conçu par l'artiste Grada Kilomba, sera un lieu de recueillement et de transmission intergénérationnelle, » indique le communiqué de la présidence française. Cet espace se veut non seulement un hommage aux victimes, mais aussi un symbole de la nécessité de garder vivante la mémoire de cet événement tragique.
Un acte de mémoire et de réconciliation
Les deux chefs d'État prendront la parole lors d'une cérémonie qui comprendra également les interventions de l'édile parisien Emmanuel Grégoire et de la rescapée du génocide, Jeanne Uwimbabazi. Le musicien et écrivain franco-rwandais Gaël Faye honorera également cet événement en lisant un poème de la rescapée Beata Umubyeyi Mairesse.
L'Élysée précise que cet événement s’inscrit dans un processus mémoriel et de réconciliation entrepris depuis plusieurs années entre la France et le Rwanda, basé sur le dialogue, la recherche historique, et la reconnaissance des responsabilités françaises vis-à-vis des événements de 1994.
En mai 2021, Emmanuel Macron avait affirmé lors d'une visite à Kigali avoir reconnu certaines des responsabilités de la France, précisant que Paris n'avait pas été complice des actes de génocide. Cette déclaration a été vue comme un pas significatif vers la réconciliation entre les deux pays, marqués par des relations tumultueuses.
Un sujet de tensions persistantes
Il est à noter que la question du rôle de la France avant, pendant et après le génocide a été un sujet délicat, ayant même conduit à une rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali entre 2006 et 2009. Malgré les tensions passées, Emmanuel Macron a réaffirmé son désir de maintenir un dialogue ouvert avec les dirigeants rwandais et congolais.
Le président s'est également entretenu avec son homologue congolais Félix Tshisekedi, soulignant la nécessité de coordonner les efforts pour répondre à l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo. La France, à travers ses actions, cherche à jouer un rôle de facilitateur dans les relations tendues entre ces deux nations, ce qui pourrait être renforcé par des démarches similaires dans la région des Grands Lacs.







