La pression s'est intensifiée durant le week-end autour de la figure de Xenia Fedorova. Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères, l'a présentée comme « une propagandiste patentée » œuvrant au profit de Vladimir Poutine. Ce questionnement se pose : comment peut-elle obtenir un titre de séjour de dix ans, renouvelé en 2024, alors qu'elle œuvre pour une chaîne comme Russia Today, bannie de l'Union européenne pour sa propagande pendant la guerre en Ukraine ? Selon le quotidien Le Monde, Fedorova a d'abord été accueillie en France en 2017 avec un « passeport Talent », permettant l'établissement de projets entrepreneuriaux. Elle a été nommée à la tête de l'antenne française de RT, ce qui lui a valu une attention médiatique conséquente.
En 2021, son titre de séjour a été renouvelé pour quatre ans, avant d'être prolongé en 2024 pour une décennie, malgré les actions de propagande jugées nocives pour l'ordre public. Malgré plusieurs plaintes déposées à l'Arcom en raison de ses déclarations sur la guerre en Ukraine, son statut actuel continue de susciter l'inquiétude. "Je ne comprends pas pourquoi son permis de résidence n'a pas été annulé," a tweeté Nathalie Loiseau, eurodéputée, soulignant le paradoxe d'accueillir une figure si controversée dans une démocratie, alors que "toute chaîne russe ne tolérerait pas un chroniqueur pro-ukrainien".
Sur ces questions, Gérald Darmanin, alors ministre de l'Intérieur, a évoqué un renouvellement "automatique" des titres de séjour. Une affirmation qui laisse perplexe, alors que sa présence pourrait être perçue comme une menace pour l'ordre public. Jean-Noël Barrot a reconnu que dans une démocratie, "on peut proférer des mensonges sans être enfermé", mais cela soulève d'importantes questions sur la liberté d'expression et les limites qui peuvent y être imposées. Existera-t-il un jour un équilibre entre la protection de cette liberté et la préservation de l'ordre public ?
"On peut, dans une démocratie, proférer des mensonges sans être envoyé dans un goulag"
Ce débat sur Xenia Fedorova illustre les tensions entre liberté d'expression, sécurité publique et la responsabilité des médias dans un contexte international chargé. Les critiques s'interrogent : la France peut-elle vraiment se permettre de tolérer de telles voix au nom de la démocratie ?







