Le débat autour de l'avenir politique de l'Alberta prend de l'ampleur ce lundi au Canada. En visite à Ottawa, Mark Carney, le Premier ministre canadien, a exprimé de vives critiques à l'égard du projet de référendum sur l'indépendance de cette province riche en ressources, qualifiant cette initiative de « bluff très dangereux ».
Fervent défenseur de l'unité du Canada, Carney a comparé cette consultation au référendum sur le Brexit qui a eu lieu au Royaume-Uni en 2016, soulignant que les Britanniques « sont toujours en train de défaire ce pour quoi ils ne pensaient pas avoir voté, dix ans plus tard ». Ces commentaires surviennent alors que la Première ministre conservatrice de l'Alberta, Danielle Smith, a annoncé, le 21 mai, son intention d'organiser un vote en octobre qui pourrait ouvrir la voie à un « processus légal » vers l'indépendance.
Une pétition de 300.000 habitants pour un référendum
La question de l'indépendance a pris de l'ampleur suite à la soumission d'une pétition en mai, recueillant 300.000 signatures d'habitants souhaitant un référendum. Cependant, une décision judiciaire a invalidé cette pétition. Néanmoins, Smith estime que cette décision ne l'empêchera pas d'avancer avec son projet de consultation populaire, affirmant qu'un vote favorable ne serait qu'une première étape vers une possible séparation.
Un sondage récent fait état d'un soutien d'environ 30 % chez les Albertains pour cette initiative. Les défenseurs de l'indépendance dénoncent ce qu'ils perçoivent comme une emprise excessive d'Ottawa sur les ressources énergétiques de la province, ainsi que l'importance donnée aux politiques environnementales. En effet, l'Alberta a produit plus de 80 % du pétrole brut canadien en 2024.
« Campagne pour l'unité canadienne »
Mark Carney a déclaré avoir déjà entamé une campagne pour l'unité canadienne, plaidant en faveur d'un « fédéralisme coopératif » avec l'Alberta, le Québec et toutes les autres provinces et territoires. Le Premier ministre a également élargi le débat à la situation politique du Québec, où des élections provinciales sont prévues pour octobre. Le Parti québécois, qui mène actuellement dans les sondages, prône également la tenue d'un référendum.
Carney a rappelé aux Canadiens les précédents référendums au Québec en 1980 et 1995, tous deux défavorables aux partis souverainistes. « Les Canadiens devraient réfléchir » à ces antécédents, a-t-il affirmé. Alors que des tensions persistent avec les États-Unis depuis la réélection de Donald Trump, Mark Carney a insisté sur l'importance de la solidarité nationale, soulignant que « les Canadiens prennent soin les uns des autres, surtout en ce moment ».







