François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France qui mettra fin à ses fonctions en juin prochain, a publié une tribune dans The Economist, dans laquelle il plaide pour un "plurilatéralisme pragmatique". Cet appel vise à encourager la coopération entre pays sur des sujets d'intérêts communs.
Dans son bilan des dix années passées à la tête de la Banque de France, débutées en novembre 2015, Villeroy de Galhau met en avant "une décennie de fragmentation" où la tendance à privilégier la puissance unilatérale a fortement augmenté.
"Premièrement, la politique monétaire a fonctionné, même si ce n'est pas exactement comme prévu", déclare-t-il.
Il souligne également que "l'indépendance des banques centrales ne doit jamais être considérée comme acquise". Selon lui, la montée des menaces pesant sur cette indépendance constitue aujourd'hui le principal défi, une préoccupation qui semblait inimaginable il y a dix ans.
Villeroy de Galhau critique les attaques contre l’indépendance des banques centrales, les jugeant paradoxales dans le contexte d'une lutte contre l'inflation. Cette déclaration intervient alors que Kevin Warsh a récemment prêté serment à la Maison Blanche, devant Donald Trump, ravivant ainsi les préoccupations sur l’indépendance de la Réserve fédérale américaine.
"La troisième leçon est l'importance de construire un "plurilatéralisme pragmatique". Le multilatéralisme est dans un état critique", conclut-il.
Pour Villeroy de Galhau, il est impératif d'explorer de nouvelles manières de collaborer sur des thèmes tels que la stabilité financière, le climat, le commerce et l'intelligence artificielle. Enfin, il insiste sur le fait que "la solidité de l'Europe dépend de sa rapidité et de sa capacité d'exécution" dans un contexte mondial en constant changement.







