Alors que les négociations avancent pour tenter d'aplanir le conflit, les ambitions contradictoires de l'Iran, des États-Unis et d'Israël entravent un possible accord, en particulier sur les questions nucléaires et la sécurité maritime au détroit d'Ormuz. Selon l'International Crisis Group, les enjeux sont vitaux : "Pour l’Iran, il s'agit de sa survie, tandis que pour les États-Unis, les priorités sont à court terme" déclare Ali Vaez.
Les deux parties admettent avoir fait des progrès dans les discussions, mais persistent à écarter l'idée d’un accord à court terme. Dans ce contexte, Israël, proche des États-Unis, continue de s'opposer fermement à tout rapprochement avec Téhéran.
Pour l'Iran, la situation économique est critique, aggravée par des sanctions américaines décisives qui ont mis à mal son économie et entraîné une vague de manifestations réprimées dans le sang. L'analyste Ali Vaez souligne que "l'Iran nécessite des investissements massifs pour relancer son économie", mais que cela demeure impossible sans une sérieuse normalisation de ses relations avec le reste du monde.
Ce besoin économique se double de préoccupations stratégiques. L'Iran a clairement exprimé qu'il exclurait toute possibilité d'accord si une partie de ses avoirs gelés par les sanctions ne lui était pas restituée dès le début des discussions. Le pays menace également d'utiliser sa position sur le détroit d'Ormuz pour générer des revenus si ses demandes ne sont pas satisfaites. Ce passage clé pour les exportations de pétrole est actuellement menacé, provoquant une flambée des prix de l'énergie à l'échelle mondiale.
La position américaine
D’après Mairav Zonszein, analyste à l'International Crisis Group, Donald Trump considère la guerre comme un moyen rapide de résoudre la crise, mais il doit également faire face à la réalité complexe de la négociation. "Il est crucial que l'Iran renonce à son programme nucléaire", explique-t-elle, un objectif qui reste actuellement hors d'atteinte malgré d'intenses pourparlers.
Les désaccords demeurent profonds, et la question du nucléaire pourrait être repoussée à plus tard, tant les considérations autour du détroit d'Ormuz semblent plus urgentes. La nécessité de réduire les prix de l'énergie aux États-Unis avant les élections à mi-mandat pousse le président à rechercher un cessez-le-feu rapide.
Aperçu israélien
Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, a réaffirmé que tout accord avec l'Iran devait éliminer totalement la menace nucléaire. Cette position est partagée par Trump, qui espérait que la guerre tournerait en leur faveur, une hypothèse qui semble désormais discutable.
Israël continue de s'appuyer sur des stratégies militaires et économiques, même face à des accords potentiels. Avec la question libanaise en fond de toile, Téhéran exige que le Liban soit intégré aux négociations, tandis qu'Israël cite le Hezbollah comme motif de ses actions militaires. Vaez conclut que "l'opposition israélienne à tout accord substantiel se maintiendra, même si des avancées apparaissent".







