À l'approche de la visite tant attendue du pape à Lourdes en septembre 2026, le collectif des victimes de Bétharram cherche à se faire entendre. Leur demande est claire : un court mais significatif entretien avec le pape pour discuter d'un plan d'action axé sur la vérité, la réparation et la protection des mineurs.
Ce mouvement, porté par le Collectif historique des victimes regroupant plus de 200 témoignages, vise à marquer l'occasion de la visite d'État du pape Léon XIV, programmée du 25 au 28 septembre 2026. Dans une lettre adressée au souverain pontife, souvent relayée par des médias comme RTL, les victimes sollicitent un "temps bref d'audience, dans un esprit de prière, de bénédiction et de vérité".
Les membres du collectif soulignent qu'ils ont déjà pris contact avec le Vatican à plusieurs reprises, et ils souhaitent poursuivre ces échanges pour permettre une rencontre empreinte d'écoute et de réaction concrète. "Nous nous tournons vers le pape, soucieux d'agir par un geste spirituel fort", affirment-ils.
Une démarche de vérité et de justice
Les victimes précisent que leur démarche n'est pas entachée de polémique ou de revendications agressives. "Nous ne cherchons ni confrontation ni provocation, mais plutôt à porter une exigence de vérité, de justice, de réparation et de protection des enfants", expliquent-elles dans leur correspondance.
Lors de la rencontre envisagée, le collectif prévoit de remettre un document élaboré contenant diverses propositions. Ils précisent que cet échange ne doit pas être qu'une simple formalité, mais une véritable opportunité pour instaurer un plan d'action pratique et bénéfique. Les propositions incluent des demandes telles que la reconnaissance par l'Église de sa responsabilité, un soutien accru pour les victimes, ainsi que l'instauration de formations obligatoires pour les prêtres concernant les violences sexuelles et physiques.
Une prise de conscience nécessaire
Le dossier de l'établissement catholique Notre-Dame-de-Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, aborde des allégations de violences physiques et sexuelles ayant eu lieu sur plusieurs décennies. Plusieurs témoignages ont révélé des abus subis pendant l'enfance, suscitant ainsi des procédures judiciaires et une médiatisation croissante de l'affaire.
Au fil des mois, le collectif a rassemblé ses membres et intensifié ses démarches auprès des instances religieuses et judiciaires. Cette affaire a relancé le débat sur la manière dont l'Église en France traite les violences sexuelles, tout en soulignant la nécessité d'une meilleure reconnaissance et des voies de réparation.
Les membres du collectif insistent sur l'importance d'un changement de perspective de la part de l'Église. "Si l'Église ne se considère pas elle-même comme une victime des actes commis, elle risque d'apparaître du côté des criminels face aux victimes", pointent-ils.
Une rencontre de portée profonde
Pour ces victimes, le dossier Bétharram représente une occasion incroyable pour l'institution catholique de se reconnecter aux âmes endeuillées. "Bétharram pourrait être une chance unique de faire comprendre au monde que la lumière l'emporte sur l'obscurité", affirment-ils. Leur dernière demande pour une rencontre lors de la visite du pape offre une chance d'engagement sincère, avec, selon les informations recueillies, des échanges possiblement intégrés dans le programme à finaliser.







