Gabriel Attal, qui a officiellement annoncé sa candidature à l'Elysée ce vendredi 22 mai à Mur-de-Barrez, est un jeune acteur de la politique française dont la rapidité d'ascension est digne d'intérêt. Âgé de seulement 29 ans, Attal pourrait effacer le record d'Emmanuel Macron, devenant ainsi le plus jeune président de la Ve République. Après avoir été le plus jeune membre d'un gouvernement en France depuis 1958, son parcours reste cependant critiqué pour sa superficialité.
Il y a dix ans, il était simplement conseiller dans un cabinet ministériel. Aujourd'hui, il aspire à l'élection suprême. Son talent oratoire et son aisance devant les médias l’ont rapidement propulsé comme porte-parole de son parti. Selon Prisca Thevenot, députée des Hauts-de-Seine, "c'est un élu local qui est très attaché à son mandat, ce qui influence toutes ses décisions." Son entrée au gouvernement en octobre 2018 à 29 ans, sous plusieurs Premiers ministres, montre une progression fulgurante, mais pas exempt de critiques.
Un tremplin politique au service de l'éducation
Gabriel Attal, ministre de l'Éducation, a tenté d'utiliser ce portefeuille comme tremplin pour sa carrière. Son passage a été marqué par le lancement du Service national universel et des propositions controversées comme la semaine de quatre jours pour les fonctionnaires. Toutefois, plusieurs de ses initiatives, dont certaines auraient pu révolutionner le système éducatif, ont été remises en question par ses successeurs.
Sophie Vénétitay, responsable du Snes-FSU, a déclaré qu'Attal semblait plus préoccupé par son image que par l'impact réel de ses politiques : "Il s'est servi de l'Éducation comme d'un tremplin politique." Popularisé par des décisions marquantes comme l'interdiction du port de l'abaya, son bilan demeure insuffisant aux yeux de nombreux observateurs, qui soulignent le manque d'ambition lors de son passage à Matignon.
Un futur incertain
À peine nommé Premier ministre, Attal a dû gérer la colère des agriculteurs lors de son arrivée à Matignon. Ce manque de temps lui a empêché d'imprimer sa marque. D'après Benjamin Morel, constitutionnaliste, son bilan législatif s'est révélé faible, bien que cela fût attendu : "Il n'y a eu aucune grande réforme, ce qui était prévisible compte tenu du court laps de temps." Cela a conduit certains à le voir comme un communicateur talentueux mais dont la véritable idéologie reste floue.
En prenant sa candidature sur un territoire rural comme l'Aveyron, Attal espère renouer le lien avec les citoyens et se débarrasser de l'image d'un ministre déconnecté : "Il faut déparisianiser la France," a-t-il affirmé. Cela témoigne d'une volonté de reconnecter avec les préoccupations locales, une nécessité dans la très centralisée politique française. En guise de conclusion, de nombreuses voix, même de son propre camp, appellent Attal à prendre position et à créer des repères idéologiques solides.







