À partir du 22 mai 2026, environ 70 000 salariés de Samsung Electronics ont été appelés à voter sur un accord sans précédent visant à éviter une grève qui aurait pu paralyser l'entreprise pendant 18 jours. Cet accord offre une prime moyenne de 290 000 euros, liée à l'essor des profits issus de l'intelligence artificielle. Cependant, ce versement pourrait susciter des tensions supplémentaires au sein du pays.
Ce qu’il faut retenir
- De vendredi jusqu'au 27 mai, les salariés votent sur un accord qui les exempte d'une grève prévue le 21 mai, grâce à la forte croissance du secteur des puces mémoire destinées à l’IA.
- Établi le 20 mai, cet accord permet à 78 000 employés de la division des puces de toucher une prime conséquente en raison des résultats financiers très favorables de l’entreprise.
- Cependant, avec la Corée du Sud produisant 80 % des puces HBM au monde, cet accord expose des conflits potentiels, certains actionnaires menaçant d'intervenir légalement.
Les employés de Samsung Electronics ont entamé un vote électronique crucial pour approuver un accord qui comprend une prime individuelle en fonction des bénéfices générés par l’IA, mais pourrait aussi inciter d’autres entreprises à élever leurs propres demandes salariales.
Samsung, en collaboration avec son syndicat, a décidé de verser cette prime principalement sous forme d'actions, évitant ainsi une grève massive qui menaçait la stabilité de l'entreprise. Selon Midilibre, cette distribution massive a été motivée par la hausse d'environ 750 % du bénéfice d'exploitation de l’entreprise, dû en grande partie au boom technologique lié à l'intelligence artificielle.
Un régime de primes réformé
Le processus de vote électronique se déroule jusqu'au 27 mai. Selon les règles, pour que l'accord soit ratifié, la majorité des votants doivent se prononcer en faveur de l'accord. Cela marque l'introduction d'une nouvelle structure de primes, représentant 10,5 % du bénéfice d’exploitation de la division des semi-conducteurs, ainsi qu'un bonus supplémentaire de 1,5 % en espèces.
En moyenne, environ 78 000 employés devraient percevoir chaque année 509 millions de wons soit 290 000 euros, calculés sur un bénéfice d’exploitation annuel projeté à 331 000 milliards de wons. Ce mécanisme de primes, qui sera en vigueur pendant dix ans, sera conditionné à des performances annuelles ambitieuses.
Conserver les talents nationaux
La menace d'une grève a alarmé le secteur, compte tenu du fait que Samsung représente 12,5 % du PIB sud-coréen, avec des puces mémoire constituant 35 % de ses exportations. L’attention se déporte sur les conséquences de cet accord, alors que la redistribution des profits générés par l’IA est un sujet de débat croissant tant en Corée qu'aux États-Unis. Des experts estiment que ces primes élevées pourraient retenir les meilleurs talents locaux, notamment face aux entreprises américaines comme Tesla qui investissent massivement dans la production de puces.
Des informations recueillies révèlent que les employés de SK Hynix, une autre entreprise de premier plan dans les puces, avaient déjà reçu des primes largement supérieures l'année précédente.
Des tensions croissantes au sein de l'entreprise
Environ 80 % de la production mondiale de puces HBM essentielles pour l’IA émane de la Corée du Sud, un fait qui exacerbe la compétition. Comme l'indique Kim Dae-jong, professeur à l’université Sejong, cette flambée de primes risque de limiter les fonds disponibles pour la recherche et le développement si ces ressources sont redistribuées à des augmentations salariales.
Bien que les actions de Samsung aient augmenté de 8 % suite à l'annonce de l'accord, elles ont chuté de 2,34 % le jour suivant, illustrant l'inquiétude persistante sur l'impact de ces nouvelles politiques salariales.
Les répercussions sur d'autres secteurs
Ce développement chez Samsung crée un précédent fort qui alimente des revendications similaires dans d'autres secteurs comme les biotechnologies et l'automobile. Les syndicats de Samsung Biologics et de Hyundai Motor Group demandent également une augmentation significative des primes, suivis de près par d'autres entreprises.
Au sein de Samsung, l'accord a mis en lumière les inégalités au sein de ses départements, les employés de la division des puces bénéficiant de ces nouvelles primes tandis que d'autres départements souffrent de stagnation ou de baisses de bénéfices, ce qui fait grimper les tensions internes.
Un gouvernement vigilant
Enfin, un groupe d'actionnaires a manifesté son opposition à l'accord, estimant que les modalités de distribution étaient illégales et qu'ils se considéreraient prêts à saisir la justice si l'accord n'était pas retiré. Le président sud-coréen Lee Jae-mung, réputé pour son soutien aux droits des travailleurs, a agi avec prudence face à la situation chez Samsung, menaçant d'intervenir en cas de grève.
Le 12 mai, Kim Yong-beom, secrétaire à la présidence, avait évoqué la nécessité d'un "dividende national" afin de redistribuer les bénéfices de l'ère de l'IA, une idée qui a suscité des réserves au sein du gouvernement.







