Errol Musk, le père du célèbre entrepreneur Elon Musk, a récemment annoncé à l'AFP qu'il œuvrait sur un projet ambitieux visant à installer des agriculteurs blancs sud-africains en Russie en tant que réfugiés. Selon lui, ces fermiers subiraient des persécutions dans leur pays d'origine.
Cette initiative, confirmée lors de son séjour à Moscou, rappelle une démarche similaire du président américain Donald Trump pour soutenir les Afrikaners, descendants des premiers colons néerlandais en Afrique du Sud. En conséquence, ce projet pourrait poser des problèmes au parti au pouvoir en Afrique du Sud, l'ANC, qui entretient des liens étroits avec la Russie.
Depuis 2018, un nombre croissant d'Afrikaners ont déjà migré vers la Russie en réponse à différents programmes. Cependant, l’initiative d'Errol Musk est mise en lumière par sa notoriété controversée sur le plan africain.
A l'âge de 79 ans, Errol Musk a déjà suscité la polémique en affirmant lors d'une interview à CNN qu'il n'existait pas d'oppression durant l'apartheid. Son fils, Elon, dénonce pour sa part ce qu'il considère comme de la discrimination envers la minorité blanche en Afrique du Sud. Le porte-parole du ministre sud-africain des Affaires étrangères a souligné que « les autorités russes sont les mieux placées pour expliquer les raisons de cette collaboration avec M. Musk. »
La situation est d'autant plus délicate à un moment où la ministre des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a qualifié le programme des Etats-Unis de « apartheid 2.0 », révisant les motifs des Afrikaners qui émigrent. En avril, les chiffres du Département d'État montrent que plus de 5 000 Sud-Africains pourraient être relocalisés aux États-Unis.
Le projet en cours d'Eroll Musk a été discuté la semaine dernière par le gouverneur de l'oblast de Vladimir, Alexandre Avdeïev, qui a évoqué l'arrivée potentielle de 50 familles sud-africaines.
En ligne avec les préoccupations soulevées par certaines factions politiques, Errol Musk a appuyé son initiative en se référant aux violences envers les fermiers blancs en Afrique du Sud, selon le média russe Gubernia 33.
Alors qu'il était à Moscou, le septuagénaire a aussi assisté à la messe de Pâques au côté de Vladimir Poutine. Il a partagé avec RIA Novosti avoir brièvement eu un échange avec le président russe, une rencontre marquant une atmosphère diplomatique tendue, exacerbée par le débat sur Starlink, la société d'Elon Musk, et les restrictions imposées par Moscou sur son utilisation en Ukraine, selon une analyse de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW).
Les tensions se sont aussi intensifiées sur les réseaux sociaux entre Elon Musk et le gouvernement sud-africain. Le porte-parole de Cyril Ramaphosa a accusé le milliardaire de « diffuser des mensonges » et de mauvaise foi, alors que Musk a pointé du doigt un supposé racisme du gouvernement. Selon la législation sud-africaine, une entreprise doit avoir 30 % de propriété par des groupes historiquement défavorisés pour obtenir une licence de télécommunication.
Friedrich von Treskow, chercheur sur l'influence russe en Afrique du Sud, aborde le sujet avec réserve : « Ce projet est déroutant. Cela pourrait créer des tensions avec Pretoria. » En effet, les relations entre Moscou et l'ANC remontent à l'époque de l'apartheid, lorsque l'URSS soutenait le mouvement anti-apartheid. Pretoria a souvent hésité à critiquer ouvertement la Russie.
Un incident récent a vu des Sud-Africains, attirés en Russie sous de faux prétextes pour combattre en Ukraine, n’avoir reçu aucune critique officielle de leur gouvernement, malgré leur rapatriement ultérieur.
Forbidden Stories a rapporté une réunion entre un agent d'influence russe et le secrétaire général de l'ANC, Fikile Mbalula, où ce dernier aurait remercié les Russes pour leur soutien électoral et aurait demandé une aide financière pour le parti. Mbalula a depuis qualifié ces allégations de « totalement infondées ».







