Léon XIV a lancé un puissant appel au "pardon" dès son arrivée en Algérie, marquant la première visite d'un pape dans ce pays majoritairement musulman. Ce moment historique a été quelque peu obscurci par des critiques virulentes du président américain, Donald Trump.
En route de Rome à Alger, au cours d'un vol qui l'amènera à parcourir plusieurs pays africains dans les jours à venir, le pontife a déclaré aux journalistes qu'il n'entrait pas dans le débat suscité par les remarques hostiles de Trump. "Je n'ai pas peur de son administration", a-t-il affirmé, tout en restant concentré sur son message de paix.
Dans le climat tendu créé par le conflit au Moyen-Orient, Trump s'est exprimé de manière acerbe contre le pape, se déclarant "pas un grand fan" de lui. En réponse, de nombreux évêques, tant en Italie qu’aux États-Unis, ont apporté leur soutien à Léon XIV, tandis que la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a également souhaité un voyage réussi au pape, ce qui pourrait être interprété comme un signe d’alliance face aux attaques du président américain.
Dès son arrivée, le pape a rendu hommage aux victimes de la guerre d'indépendance algérienne en déposant une gerbe de roses blanches au monument des martyrs. Un acte symbolique signifiant une volonté de reconnaissance des souffrances infligées par l'histoire coloniale française, marquée par des atrocités et des destructions horribles, selon des experts.
"La paix qui ouvre la voie à un avenir réconcilié ne peut être atteinte que par le pardon", a-t-il déclaré solennellement. "Il est crucial de ne pas perpétuer le ressentiment à travers les générations", a-t-il ajouté, renforçant ainsi son message d'unité.
Accompagné d'honneurs par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, Léon XIV a également pris part à une cérémonie interreligieuse qui inclura des musulmans et des chrétiens, une initiative essentielle dans un pays où le sunnisme est religion d'État, alors que les chrétiens ne représentent qu'une infime partie de la population.
Cette tournée, qui se poursuivra par des étapes au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale, représente le premier grand voyage du pape de 70 ans, un périple de 18.000 kilomètres à travers le continent africain.
Alger s’est parée de ses plus beaux atours pour accueillir le pape, multimés embellis de drapeaux et de fleurs, bien que la rencontre avec le public n'ait pas été prévue. Pour conclure sa première journée, Léon XIV se recueillera en privé à la chapelle des 19 martyrs algériens, des figures importantes tragiquement disparues durant les années de conflit.
Visiblement ému par l'accueil et par le poids de son rôle, Léon XIV a déclaré que ce voyage était d'une importance particulière pour lui, rappelant que Saint Augustin, un des grands penseurs de l'histoire chrétienne, représente un pont essentiel dans le dialogue interreligieux. "Un fils de Saint Augustin", tel était son vœu dès son élection, soulignant l’héritage prenant son origine dans cette terre où l’on appris à vivre ensemble.







