Le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré un cessez-le-feu dans le cadre du conflit en Ukraine, coïncidant avec les célébrations de la Pâque orthodoxe au cours du week-end. Cette annonce a été confirmée jeudi et marque une pause exceptionnelle dans les hostilités, acceptée par Kiev.
« Par décision du commandant suprême, V. Poutine, un cessez-le-feu est en vigueur à partir de 16H00 (13H00 GMT) le 11 avril jusqu'à la fin de la journée du 12 avril 2026 », a communiqué le Kremlin. Cette directive a été transmise à l'état-major général, qui a été instruit de suspendre toutes les opérations militaires pendant cette période, tout en restant vigilant face à d'éventuelles provocations de l'ennemi.
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin et cité par l'agence Tass, a précisé que cette trêve n’avait pas été convenue avec les autorités ukrainiennes ou les États-Unis, et qu'elle n'était pas liée aux récentes discussions pour mettre fin au conflit. « Nous partons du principe que l'Ukraine suivra notre exemple », a ajouté Moscou.
De son côté, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a exprimé la disposition de son pays à respecter cette trêve, qu'il avait également proposée au préalable. « L'Ukraine a réitéré sa volonté d'agir de manière réciproque, et nous agirons en conséquence », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
Le leader ukrainien avait auparavant transmis, via les États-Unis, une demande de trêve pour les fêtes pascales, alors que les discussions de paix avaient été entravées par des événements récents au Moyen-Orient.
Bien que plusieurs trêves de courte durée aient été mises en place durant ces quatre dernières années de conflit, les deux parties s'accusaient souvent de violations de cessez-le-feu. Les négociations sous l'égide des États-Unis n'ont pas rapproché les deux camps, le processus s'enlisant alors que Washington concentrait ses efforts sur d'autres crises, notamment en Iran.
Moscou exige des concessions territoriales et politiques que Zelensky considère comme inacceptables et équivalentes à une capitulation. Ce conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, a entraîné la perte de centaines de milliers de vies et le déplacement de millions d'autres personnes.
Bien que la Russie ait réussi quelques avancées territoriales, Kiev a récemment repoussé les forces russes, particulièrement dans le sud-est. Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), basé aux États-Unis, l’armement russe a subi un ralentissement significatif de ses opérations depuis fin 2025, attribué à la résistance ukrainienne et à des restrictions sur l'utilisation de technologies critiques, telles que les terminaux Starlink.
La situation reste however délicate au nord, dans la région de Donetsk, où les troupes russes continuent d'avancer. Actuellement, la Russie contrôle environ 19 % du territoire ukrainien, un chiffre qui a été majoritairement acquis durant les premiers mois du conflit.
Enfin, ces derniers jours, l'Ukraine a intensifié ses efforts pour endommager les infrastructures russes, notamment par des attaques sur un oléoduc en mer Baltique et des installations pétrolières en mer Noire, dans le but de réduire les ressources nécessaires à l'armée russe.







