À Beyrouth, une lueur d'espoir est apparue au milieu des frappes israéliennes. Ce jeudi, Benjamin Netanyahou a demandé à son cabinet de commencer des négociations directly avec les autorités libanaises. Bien que cette initiative soit louable, elle ne gomme pas la montée de la violence orchestrée par l'armée israélienne ces derniers jours, touchant un Liban déjà éprouvé.
Plus de 300 victimes étaient dénombrées rien qu'un mercredi. Considérant ce chiffre, il est frappant de constater que Jérusalem continue de balayer les critiques d'un revers de main. Israël, affirmant même sa responsabilité dans certaines de ces attaques, semble maintenir sa pression sur le Hezbollah, le parti chiite soutenu par l'Iran, qui a juré la destruction de l'État hébreu.
Les frappes israéliennes, allant jusqu'à frapper le cœur de Beyrouth, mettent à mal non seulement les infrastructures du Hezbollah mais souffrent aussi la population libanaise, reproduisant une stratégie similaire à celle utilisée à Gaza. Cibler des groupes extrémistes est un acte, mais frapper sans discernement est tout autre. Aucun bombardement au cœur d’une capitale ne peut être qualifié de chirurgical.
En poursuivant cette politique de terre brûlée, Israël met également en péril ses relations avec les États-Unis. Depuis l’arrêt des bombardements américains, l'Iran a condamné l'offensive israélienne, pressant pour une trêve. Une opinion partagée par Paris, Londres et Berlin.
En utilisant le Liban comme levier dans les négociations préalables à l’entretien entre Washington et Téhéran, Jérusalem pourrait avoir fait une erreur tactique. Après 39 jours de bombardements intensifs, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, n'ont pas réussi à atteindre leurs objectifs. Bien que les capacités militaires iraniennes aient été sévèrement touchées, la question demeure : ce régime, désormais plus rusé, est-il toujours capable de s’approvisionner en armes nucléaires?
Pour un président ayant investi tant d'efforts, le résultat semble bien maigre. Il est donc devenu urgent d'initier une véritable désescalade au Liban. Quelle qu'en soit la motivation, il est indiscutable que le pays est au bord de l'effondrement et que la population se trouve piégée dans ce conflit. La paix doit être l'objectif ultime, même si les rêves de prix Nobel flottent en arrière-plan.







