Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 de la Nasa approchent d'un jalon majeur, ayant parcouru plus de la moitié du chemin entre la Terre et la Lune. Ce week-end, l'équipage, constitué des Américains Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman, et du Canadien Jeremy Hansen, se dirige vers l'astre céleste avec l'espoir d'accomplir un survol, une première depuis 1972.
La Nasa a officialisé cette avancée, notant que le vaisseau Orion se trouvait à plus de 219 000 km de la Terre lors de la dernière vérification des données. C'est une première en plus de cinquante ans pour des êtres humains s'aventurant aussi loin dans l'espace depuis la conclusion du programme Apollo. Les astronautes immortalisent leur voyage via des smartphones et des appareils photo, partageant des clichés saisissants de la Terre, capturée à travers un filtre solaire, une initiative qui fait écho à la tradition d'exploration visuelle de la NASA.
« Nous voyons notre petite bille bleue à travers les yeux de l'équipage ; c'est une perspective incroyable », a commenté une porte-parole de la Nasa. Jeremy Hansen a décrit le moment, affirmant : « On est tous scotchés aux fenêtres ». Sa collègue Koch a ajouté que rien ne peut préparer à l'émotion ressentie à cet instant unique.
Durant ces cinq décennies, les humains ont généralement opéré dans les environs de la Terre, surtout sur la Station spatiale internationale (ISS), qui orbite à environ 400 km. En revanche, la Lune est située à près de 1 000 fois cette distance. Les astronautes, bien qu'ils ne se posent pas encore, tourneront autour de son satellite naturel, arrivant juste derrière sa face cachée, avant de revenir sur Terre le 10 avril.
Cette mission est également historique, car elle inclut des membres aux parcours variés : pour la première fois, une femme, une personne de couleur, et un non-Américain se lancent ensemble dans une aventure lunaire. Ce périple, basé sur une trajectoire de "retour libre", exige que le vaisseau soit propulsé vers la Lune puis ramené vers la Terre, rendant un retour arrière impossible, comme l'a précisé l'expert spatial Lakiesha Hawkins.
Actuellement, la mission semble se dérouler sans heurts, selon des sources comme l'AFP. "Si les seuls problèmes demeurent le logiciel de messagerie et les toilettes, c'est une belle victoire," a affirmé Clayton Swope du CSIS. La mission Artémis 2 vise à poser les bases d’un retour humain sur la Lune, en vue de futures explorations vers Mars.
L’objectif ultime de la Nasa est de réaliser un alunissage d'ici 2028, sous la présidence de Donald Trump. Toutefois, des retards sont à prévoir, notamment en raison de la complexité du développement des alunisseurs par des entreprises innovantes telles que celles d'Elon Musk et Jeff Bezos. Reid Wiseman, le commandant de mission, a résumé le défi en disant : "Envoyer quatre personnes à 400 000 kilomètres est un exploit herculéen, et nous commençons à peine à en mesurer l'ampleur."







