Le 23 mars 2026, la cour d'assises d'appel de Paris a entamé le procès d'Audrey Mondjehi, impliqué dans l'attentat meurtrier sur le marché de Noël à Strasbourg, survenu en 2018. L'accusé avait été condamné en première instance à 30 ans de réclusion en raison de son association avec des actes terroristes.
Ce procès se déroule environ sept ans après l'assassinat de cinq personnes et les blessures infligées à onze autres lors de cet attentat tragique. L'accusé, âgé de 45 ans, a vu sa peine initiale infligée en 2024 se baser sur sa proximité avec le terroriste Cherif Chekatt, qui a été abattu par la police peu après l’attaque.
Le tribunal avait noté que Mondjehi avait aidé Chekatt à acquérir des armes, ce qui a lourdement influencé la sévérité de sa condamnation.
Au début de cette audience, Mondjehi est apparu serein, mais sa posture a éveillé des réactions. Tandis qu'il écoutait les avocats des parties civiles évoquer le souvenir des victimes, ses avocats ont précisé qu'il était "plus préparé et combatif" pour cet appel. Ils espèrent réduire sa peine en contestation de la qualification terroriste qui l'affuble.
Un homme cherchant à se réhabiliter
Lors de sa première déclaration en 2024, Mondjehi avait nié toute implication dans les actes terroristes, faisant valoir qu'il pensait que Chekatt préparait un braquage. Malgré des échanges fréquents, il prétendait ne pas être au courant des intentions de violence de son associé. C’est sur cette base qu'il souhaite désormais que le tribunal considère uniquement son association avec le crime, sans le stigma de terrorisme.
La présidente de la cour d’assises avait souligné à l'époque la "proximité très grande" entre les deux hommes, affirmant que Mondjehi avait joué un rôle crucial en favorisant l'accès de Chekatt aux armes. Le revolver utilisé lors de l'attentat avait été acquis par Mondjehi le jour même, ce qui complique sa défense, malgré l’argument de ses avocats sur son ignorance de la nature criminelle des actes préparés par Chekatt.
Au fil du procès, les avocats de Mondjehi insisteront pour que chaque aspect de l'enquête soit scruté afin de lever le poids des accusations terroristes qui lui incombent.
Ce procès ne se limite pas à l'examen des actes de Mondjehi. Il renvoie également la mémoire collective à l'horreur d'un attentat qui demeure gravé dans les mémoires, tout en posant la question de la justice réparatrice pour les victimes. Les familles des victimes attendent des réponses, et le procès est également un moment de recueillement et de communion pour eux, soulignant l'impact durable de cette tragédie.







