Nestlé Waters, filiale d'eaux minérales de la multinationale Nestlé, est jugée ce lundi 23 mars à Nancy pour avoir entretenu des décharges sauvages à proximité de Vittel et Contrexéville, dans les Vosges.
Plus de 473.000 m3 de bouteilles en plastique et autres déchets se seraient amassés, entraînant des niveaux inquiétants de polluants. Nestlé Waters est accusée d'avoir laissé des « particules de microplastiques » contaminer les eaux superficielles et souterraines, rendant toute vie aquatique impossible.
Les dépôts ont été identifiés dans les communes de Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-lès-Parey et Crainvilliers, totalisant l'équivalent de 126 piscines olympiques. L'association France nature environnement (FNE) a exprimé que ce volume cumulé est « vertigineux ».
Des montagnes de déchets à déblayer
Une enquête menée par le pôle régional environnement du parquet de Nancy a révélé une accumulation de déchets sous forme de « bouteilles d'eau, verre, polymères », mais aussi des « déchets de démolition » et « carcasses de véhicule ».
Ces décharges, remontant aux années 60, ont commencé lorsque la Société générale des eaux minérales de Vittel a remplacé les bouteilles en verre par celles en plastique. Cette transition a entraîné de nombreuses erreurs, et toutes les bouteilles jugées non conformes étaient abandonnées près des sites.
Nestlé, qui a acquis la société en 1992, se défend en affirmant s'engager à traiter les décharges « de manière responsable ». Le procès en cours concerne une dizaine de sites voisins des usines où sont embouteillées les eaux de Vittel, Contrex, et Hépar. Selon l’entreprise, sept d’entre eux ont déjà été nettoyés, et les trois restants nécessitent « plusieurs années d’études et de suivis environnementaux ».
A They-sous-Montfort, les résultats d'analyses d’ingénieurs révèlent la présence homogène de traces métalliques et, par endroits, d’hydrocarbures et d’amiante, estimant « la hauteur des déchets stockés entre 10 et 25 m », soit l'équivalent d’un immeuble de six étages.
Une menace pour les eaux
Une « pollution des eaux » a également été « confirmée » à They-sous-Montfort. L'Office français de la biodiversité (OFB) a constaté un taux de microplastiques dans l'eau jusqu'à « trente millions de fois supérieur » à celui de la Seine. Face à cette « bombe à retardement de pollution », la FNE déplore que « l'État ne semble pas avoir pris conscience de la gravité de ces décharges ». Nestlé Waters, pour sa part, affirme avoir demandé l'avis de trois laboratoires spécialisés, concluant à l'« absence de pollution microplastique dans l’eau des forages vosgiens ». Ce procès, qui suscite de vives inquiétudes, devrait se poursuivre jusqu’à vendredi.
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