La défense de l'enseignante d'Evaëlle plaide pour une relaxe en appel

À Versailles, l'avocate a contesté toute culpabilité de l'enseignante dans le drame d'Evaëlle.
La défense de l'enseignante d'Evaëlle plaide pour une relaxe en appel
L'adolescente s'est pendue dans sa chambre du pavillon familial à Herblay (Val d'Oise) en juin 2019 © Maxppp

Lors du procès en appel de l'enseignante accusée de harcèlement scolaire envers Evaëlle, une élève de 11 ans qui s'est tragiquement suicidée en 2019, la défense a réclamé une relaxe ce mardi à Versailles. Lors des plaidoiries, l'avocate de la prévenue a affirmé : "le harcèlement moral par imprudence n'existe pas". La décision finale sera annoncée le 13 avril.

Un portrait contrasté de l'enseignante

Au cours du procès, l'image dressée de la professeure, âgée de 63 ans, a semblé varier. Son avocate, Me Marie Roumiantseva, a catégoriquement nié toute intention malveillante de sa cliente, affirmant que "il n'y a pas de crime sans volonté de nuire". Elle a même dénoncé la perception d'une enseignante "dangereuse, hors de contrôle", qualifiant cette vision de "contre-vérités". Elle a ajouté que, tout au long de sa carrière, Mme B. a constamment reçu des éloges et a su s'assurer qu'aucun élève ne soit laissé de côté.

En revanche, la mère d'Evaëlle, Marie Dupuis, a exprimé devant la cour son désarroi face au comportement de l'enseignante, dénonçant un "manque d'empathie". Selon elle, sa fille n'aurait jamais dû vivre des sentiments d'humiliation ou d'isolement dans un milieu scolaire censé être sûr et protecteur. Son témoignage a été particulièrement poignant, illustrant la pression émotionnelle insupportable que ressentait sa fille.

Témoignages accablants

Un ancien élève de l'enseignante, qui a également porté plainte, a témoigné de la souffrance qu’il a vécue pendant ses cours, les décrivant comme "l'enfer". Il a relaté les brimades, les moqueries et une atmosphère d'intimidation, où les critiques négatives étaient fréquentes.

À l'issue des plaidoiries, l'avocate générale a proposé une peine de 18 mois de prison avec sursis, tandis que la cour d'appel de Versailles se prépare à rendre son verdict un an après qu'un premier jugement avait accordé la relaxe à l'enseignante, jugent les accusations comme "discordantes, indirectes et peu circonstanciées".

Les débats continuent d'alimenter une réflexion plus large sur la responsabilité des enseignants et la nécessité d'un cadre protecteur dans les établissements scolaires.

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