Jeudi dernier, lors de l'audience en appel à Montpellier, le parquet général a requis la confirmation de la peine qui avait été prononcée en première instance contre l'influenceur Doualemn, reconnu coupable d'avoir exhorté ses abonnés, dans une vidéo TikTok, à infliger une 'raclée' à un opposant au régime algérien. Cette provocation a été douloureuse tant pour lui que pour son entourage.
Autrefois, Boualem Naman, ancien toxicomane, menait une vie tranquille : il était agent d'entretien, avait une vie familiale ordinaire, ainsi qu'un titre de séjour valide obtenu récemment auprès du préfet de l'Hérault. Sa carrière sur TikTok débuta innocemment, avec des discussions autour du football, avant d'évoluer vers des sujets d'actualité.
Cependant, aujourd'hui, Doualemn subit les conséquences de ses actes. Suivi par un psychiatre suite à une tentative de suicide, il a perdu son emploi et son statut légal, se battant contre un arrêté d'expulsion référencé aux instances judiciaires.
Une machine qui s'emballe
Son cas a suscité une mobilisation policière sans précédent : une quarantaine de policiers ont été déployés pour l'arrêter, tandis que des perquisitions étaient effectuées chez lui et chez ses proches. L’énorme pression médiatique et la réaction du maire de Montpellier, Michaël Delafosse, qui a signalé son intervention au parquet, ont entraîné des accusations graves, y compris d'appels à la haine et à la torture.
La montagne accouche d'une souris
Le préfet s'est alors joint au concert d’appels pour révoquer son titre de séjour. Dans un contexte de tension diplomatique entre la France et l'Algérie, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a tenté d’intervenir en organisant son expulsion. Finalement, l'Algérie a refusé son retour, laissant Boualem Naman à son triste sort en France.
À ce jour, il se trouve devant la cour d'appel pour répondre de ses propos sur le réseau social. Il assure ne plus être actif sur TikTok et prétend avoir tiré des leçons de son expérience.
Une instrumentalisation ?
Le parquet général a pressé pour un maintien de sa peine initiale, soit cinq mois de prison avec sursis. Le verdict sera rendu le 2 juillet. Le président de la cour d'appel a souligné un point crucial : 'N'avez-vous pas le sentiment que la justice a été manipulée dans cette histoire ?' Ce qui soulève d'importantes questions éthiques sur la liberté d'expression et son cadre légal en France.







