Dans un rapport révélateur publié ce lundi, l'association e-Enfance/3018 met en exergue l'ampleur des violences numériques que subissent les jeunes. Cyberharcèlement, sextorsion, et pédocriminalité sont autant de dangers qui pèsent sur les mineurs d'aujourd'hui.
Droite vers un problème croissant, l’enquête a été désignée comme le premier "rapport de transparence" dans le cadre du règlement européen sur les services numériques (DSA). L'association, devenue "signaleur de confiance" par l'Arcom en 2024, a collecté plus de 5 000 signalements auprès des plateformes, révélant qu'un quart concernait des actes à caractère sexuel.
Un chiffre alarmant : un enfant sur quatre touché par ces violences a moins de 11 ans, alors même que la plupart des réseaux sociaux interdisent l'accès aux moins de 13 ans. Dans ce panorama troublant, la sextorsion, qui consiste à extorquer des contenus sexuels aux mineurs, fait état de plus d'un tiers des cas, suivie par le cyberharcèlement représentant un autre tiers, et la diffusion non-consentie de contenus sexuels, qui représente environ 10 % des signalements.
Des mécanismes inquiétants de prédation en ligne
L’association e-Enfance décrit un schéma inquiétant, présent dans plus de la moitié des cas de prédation sexuelle : premièrement, un contact sur des plateformes publiques est établi, puis les interactions se déplacent vers des messageries privées moins sécurisées comme WhatsApp ou Telegram. C'est sur ces canaux peu surveillés que les actes de grooming et de sextorsion se perpètrent. Les victimes, majoritairement des jeunes filles, se voient souvent forcées de créer et d’envoyer des contenus humiliants en suivant des scénarios sexuels dictés par leurs agresseurs.
« La ligne d'écoute 3018 prend en charge une crise suicidaire tous les trois jours », un chiffre qui a grimpé de 3000 % en dix ans, face à un manque de réaction des plateformes, souligne l'association.
Les réponses insuffisantes des plateformes face à la crise
Les conséquences sont ravageuses : e-Enfance alerte sur le fait que plus de 50 % des contenus signalés restent en ligne sur des plateformes comme Snapchat, YouTube et Facebook, et presque 75 % sur X, sans explications fournies par les entreprises.
Pour Véronique Béchu, directrice de l'Observatoire d'e-Enfance/3018, « il s'agit d'une nouvelle forme de domination masculiniste », observant une montée inquiétante des violences, exacerbée par certains algorithmes et dynamiques sur les plateformes.
Dans ce contexte, TikTok émerge comme la plateforme la plus problématique, ayant enregistré un nombre de signalements trois fois plus élevé qu'Instagram, avec plus de 1 000 cas à son actif. Ce constat appelle à une prise de conscience urgente et à des réformes nécessaires pour protéger les jeunes utilisateurs, car les plateformes peinent encore à se montrer suffisamment réactives face à ce fléau.







