Ben Roberts-Smith, ancien soldat australien et décoré, a été formellement inculpé pour cinq crimes de guerre, dont des meurtres durant ses missions en Afghanistan en 2009 et 2012. Cette inculpation, annoncée par la police fédérale à Sydney, émerge d'une enquête approfondie sur le comportement des troupes australiennes dans le pays entre 2005 et 2016.
Agé de 47 ans, Roberts-Smith a été arrêté mardi alors qu'il se trouvait dans un aéroport de Sydney. La police précise qu'il est accusé de meurtres survenus dans la province d’Uruzgan, affirmant que les victimes ne participaient pas aux combats au moment des faits. La commissaire Krissy Barrett a déclaré : « Les victimes ont été abattues soit par lui, soit par des subalternes sous ses ordres. » Si reconnu coupable, il risque la réclusion à perpétuité.
Un héros déchu
Ancien membre des forces spéciales australiennes, Roberts-Smith a été honoré de la Victoria Cross pour son courage remarquable en Afghanistan, où il a joué un rôle crucial dans la traque de commandants talibans. Son image d'héroïsme a été mise à mal depuis 2018, lorsque des médias, dont The Age et The Sydney Morning Herald, l'ont associé à des crimes graves, notamment le meurtre de prisonniers afghans non armés, accusations qu'il nie. Ces révélations ont tourné son parcours sous un jour inquiétant.
Accusations troublantes
Les rapports ont révélé des actes d'une extrême cruauté, évoquant des allégations spécifiques comme celle d'avoir poussé un civil afghan d'une falaise ou d'avoir entraîné ses hommes à prendre pour cible un individu amputé, utilisant sa prothèse comme un objet de plaisanterie. Ces faits soulèvent de sérieuses questionnements sur l'éthique des opérations militaires menées par les forces australiennes.
Un cadre plus large de crimes
Avec près de 39 000 soldats déployés en Afghanistan au cours de deux décennies, l'Australie a été impliquée dans un conflit complexe contre les talibans. Les résultats d'une enquête militaire de 2020 ont révélé des meurtres illégaux de 39 civils et prisonniers, ainsi que des actes de torture. En réaction, le gouvernement a désigné un enquêteur spécial chargé d'évaluer si des poursuites devraient être engagées contre d'autres soldats.
Récemment, un autre ancien soldat des forces spéciales a également été appréhendé pour des crimes de guerre présumés, sa comparution devant la cour étant planifiée pour 2027. Cet enchaînement d'incidents met en lumière les défis éthiques et juridiques auxquels fait face l'Australie dans le cadre de ses engagements militaires à l'étranger.







