Les autorités iraniennes semblent ignorer l'ultimatum lancé par le président américain Donald Trump ce mardi 7 avril, le menaçant de détruire des infrastructures essentielles dans le pays si un accord n'était pas trouvé pour rouvrir le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial de pétrole.
"Le pays entier pourrait être rayé de la carte en une nuit", a déclaré Trump, après avoir reporté l'ultimatum à ce mardi 20h00, heure de Washington.
Il a affirmé être prêt à cibler les centrales énergétiques et les infrastructures clés de l'iran si la République islamique ne débloque pas la voie maritime d'Ormuz, par laquelle transitait auparavant environ 20% du pétrole mondial.
L’armée iranienne a riposté en qualifiant cette "rhétorique arrogante" de n'avoir "aucun impact" sur ses opérations. Le porte-parole a ajouté que l'iran continuera d'agir selon ses intérêts stratégiques, indépendamment des menaces américaines.
L'ambassadeur iranien à l'ONU, Amir Saeid Iravani, a dénoncé ces menaces dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres. "L'inaction face à de telles violations du droit international met en péril l'intégrité même des normes internationales", a-t-il averti, en soulignant que ces actions pourraient avoir des conséquences bien au-delà de la région.
Dans la nuit de lundi à mardi, des explosions ont à nouveau retenti dans la capitale iranienne et ses environs, selon des rapports locaux. Pendant ce temps, l’armée israélienne a révélé avoir lancé une "vague" de frappes visant à "endommager" des infrastructures, tout en interceptant des missiles provenant d'iran.
Ce conflit, qui a débuté le 28 février avec des attaques israélo-américaines sur l'iran, a déjà causé plusieurs milliers de morts au Moyen-Orient, notamment en Iran et au Liban, où opère le Hezbollah, un allié de la République islamique.
Donald Trump a affirmé ne pas craindre les accusations de crimes de guerre liées à la destruction d'infrastructures civiles, considérant que la vraie criminalité serait de laisser l'iran se doter de l'armement nucléaire.
Vote à l’ONU
Ce lundi, Iraniens et Américains ont simultanément rejeté une proposition de trêve formulée par plusieurs pays, notamment le Pakistan. Selon le média américain Axios, cette offre de cessez-le-feu de 45 jours visait à ouvrir un espace pour des négociations, avant d'aboutir à un accord de paix.
Selon l'agence de presse gouvernementale Irna, l'iran a exigé la "fin des conflits dans la région, un protocole de passage sécurisé à travers le détroit d'Ormuz, ainsi que la reconstruction et la levée des sanctions". Le New York Times a rapporté que l'iran souhaitait des garanties contre de futures attaques, notamment israéliennes.
En parallèle, le Conseil de sécurité des Nations unies doit se prononcer sur un projet de résolution concernant la navigation dans le détroit d'Ormuz, un texte désormais modéré par Bahreïn, par rapport à une version initiale permettant une intervention militaire.
Récemment, des parlementaires iraniens avaient proposer d'instaurer des droits de passage pour les navires traversant le détroit, une mesure qui pourrait exacerber les tensions.
Victimes civiles
L'armée israélienne a également ciblé un complexe pétrochimique dans le sud de l'iran, intensifiant ses opérations contre les installations militaires iraniennes. Les Gardiens de la Révolution ont annoncé la mort de leur chef du renseignement, Majid Khademi, promettant de venger cette perte.
Parallèlement, l'iran a poursuivi ses attaques contre les pays du Golfe, utilisant des drones et des missiles, accusant ces États de soutenir les États-Unis. L'Arabie Saoudite a déclaré avoir intercepté plusieurs missiles balistiques, tandis que les Émirats Arabes Unis ont réagi à des attaques diverses.
Enfin, dans le Kurdistan irakien, deux civils ont été tués par un drone iranien qui a atterri sur leur domicile, illustrant les dangers croissants de la situation.







