Malgré une revalorisation salariale récente, les infirmiers libéraux font face à des défis majeurs liés à la flambée des prix du carburant, sans aucune aide gouvernementale. Un paradoxe pour ces professionnels qui parcourent de nombreux kilomètres pour assurer le suivi de leurs patients.
Les infirmiers libéraux, notamment dans les zones rurales, sont confrontés à une réalité difficile. L'État ne les classe pas parmi les 'gros rouleurs', ce qui leur refuse les aides reçues par d'autres secteurs comme le transport ou l'agriculture. Bien qu'ils aient récemment obtenu une augmentation de leurs revenus, ces professionnels restent sous pression, contraints de continuer à fournir des soins malgré la perte financière qu'ils subissent. Ils lancent un appel désespéré au gouvernement pour qu'il prenne conscience de leur situation.
David Guillon, un infirmier libéral basé à Nice, a dû adapter ses moyens de transport pour faire face à cette crise. Il utilise maintenant une moto pour économiser sur le stationnement, mais il est tout de même dépendant des prix du carburant. Il explique à BFM Côte d'Azur, "On restreint nos déplacements le plus possible. (…) Les kilomètres ne sont pas payés."
"On travaille à perte…"
En milieu rural, l'impact est encore plus marqué. Les infirmiers font face à de durs choix, parfois même en refusant des patients éloignés. "On travaille à perte, donc maintenant on fait des choix, ce qui ne m'était jamais arrivé en 17 ans", confie une infirmière libérale exerçant près de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, auprès de Franceinfo.
La profession attend des mesures concrètes du gouvernement, notamment une meilleure compensation des frais de déplacement, ainsi qu'une aide adaptée face à la hausse des prix du carburant, semblable à celle accordée aux routiers. Hélène Lopin, présidente de la Fédération nationale des infirmiers (FNI) dans l'Indre, s'exprime sur Ici Berry en soulignant que la situation actuelle est "insoutenable".







