Le barreau de Châteauroux est en mobilisation depuis le 1er avril. Les avocats s'opposent fermement à un projet de loi initié par le gouvernement qui vise à modifier la justice pénale. Ce texte inclut l'introduction d'un mécanisme controversé connu sous le nom de "plaider-coupable" pour les affaires criminelles.
La salle d'audience du tribunal est désertée, et toutes les affaires correctionnelles ont été reportées à cause de cette grève, qui s'inscrit dans un mouvement national plus large. Une importante majorité des avocats a voté pour cette grève pour rappeler l'importance de respecter les procédures judiciaires et les droits des victimes. L'initiative gouvernementale, selon eux, risque de nuire à la justice.
Maître Marie-Laure Briziou-Henneron, bâtonnier de Châteauroux, souligne : “En cas de reconnaissance des faits, il n'y aura même plus d'audience en cour d'assises!” Ce type de procédure, déjà en vigueur pour des délits, réduit drastiquement le rôle des débats judiciaires, une préoccupation pour ceux qui défendent les fondements du système judiciaire.
Négocier une peine en matière criminelle, c’est profondément choquant
Les avocats expriment des inquiétudes quant à l'impact de cette réforme sur l'intégrité du procès pénal. “Accepter sa culpabilité entraîne une négociation de peine, ce qui est inacceptable pour ceux qui chérissent notre système judiciaire”, explique Maître Christel Jousse.
Le gouvernement, en proposant cette réforme, vise à diminuer les délais d'attente pour les décisions judiciaires. D'après le ministère de la Justice, environ 6.000 affaires criminelles sont encore en attente d'audience, alors que seulement 1.000 décisions ont été prises l'année dernière. Briziou-Henneron affirme : “On nous dit qu'on a pris trop de retard, mais aller vers une justice au rabais n’est pas la solution.”
Le mouvement de grève se poursuivra jusqu'au 7 avril et touchera tous les aspects de la justice criminelle dans l'Indre, incluant la justice des mineurs, sauf pour les audiences de détention. Une assemblée générale est prévue le 7 avril pour décider de l'avenir de cette mobilisation.
Ce projet de loi, soutenu par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, sera examiné par le Sénat à partir du 13 avril, une étape cruciale dans le processus législatif qui pourrait façonner l’avenir de la justice pénale en France.







