Des entreprises se consacrent au sauvetage de poules pondeuses, reliant éleveurs et particuliers pour éviter leur abattage. Le 25 mars, l'entreprise "Poules pour tous" a organisé une vente près de Périgueux, attirant une foule de passionnés.
Sur le parking de Terranimo à Champcevinel, on pouvait entendre : "Elles sont à combien, les blondes ?". À 20 euros, elles trouvaient preneur rapidement. Ces volailles, élevées en France, ont généralement près de dix-huit mois et terminent leur cycle de production. De 14 à 16 heures, près de 500 poules ont été adoptées, permettant à des clients de les accueillir dans leurs jardins.
Daniel, employé d’une compagnie de bus, raconte : "On est venu en chercher pour nous et pour les collègues. On souhaite recycler et avoir des œufs frais". Véro, habitante d'Eyliac, n'hésite pas à agrandir sa collection de poules, témoignant de l'importance de cette démarche : "Ce sont toutes des poules sauvées".
Le système de commande est bien rôdé. Chaque client annonce son nom et le nombre de volailles commandées en amont, garantissant une distribution fluide. Marc-Antoine Gattelet, livreur, s'active pour s'assurer que tout se passe bien, tandis que des clients satisfaits s'installent avec leurs nouvelles compagnes.
Un coût abordable pour des poules heureuses
Le prix d'adoption est très attractif : 7 euros par poule, contre 17 euros en moyenne dans les circuits traditionnels. Élodie Moreux, responsable de "Les Poules d'Elo", souligne l’importance de se tourner vers des éleveurs proches : "C’est une démarche éthique et financière". Un abattoir payerait généralement moins d'un euro par poule, alors que les initiatives de sauvetage comme celles-ci en proposent jusqu'à trois euros.
Le mérite de ces actions va au-delà de la simple adoption. Comme le souligne Sandrine Vuillemot, à la tête d'un élevage biologique : "On préfère qu'elles aient une seconde vie. On s'y attache et elles apportent beaucoup de joie".
Pourquoi abattre ces animaux ?
Chaque année, environ 50 millions de poules pondeuses sont abattues en France pour des raisons économiques. Lors de vides sanitaires, la logique veut que les éleveurs remplacent leurs volailles, souvent considérées moins productives au-delà d'un certain âge. "C’est une réalité difficile à accepter", conclut Élodie Moreux.
Ce mouvement de sauvetage des poules pondeuses prend de l'ampleur, prouvant qu'il est possible d'agir pour le bien-être animal tout en favorisant une consommation responsable.







