Cuba est en train de réécrire son histoire économique. Les Cubains à l’étranger, notamment ceux domiciliés à Miami, recevront désormais l'autorisation d'investir dans des entreprises privées sur l’île. C'est une annonce faite par Oscar Pérez-Oliva Fraga, vice-Premier ministre cubain, lors d'un entretien exclusif avec NBC News. Cette décision marque un changement significatif pour La Havane, cherchant désespérément des leviers de croissance dans un contexte de crise économique et énergétique majeure.
Les précisions apportées par Fraga lors de l'entretien révèlent une volonté de construire un cadre d'ouverture, équilibré et durable, pour encourager le dynamisme économique. "Cuba est prête pour des relations commerciales fluides, notamment avec les entreprises américaines et les Cubains résidant aux États-Unis", a-t-il déclaré, soulignant un désir de modernisation qui pourrait englober des secteurs variés allant du tourisme à l’exploitation minière, sans oublier la mise à jour du réseau électrique.
Un nouveau cadre pour les entreprises privées
L'interdiction qui empêchait les Cubains vivant à l'étranger d'investir librement chez eux date de la révolution cubaine et a culminé avec la quasi-disparition du secteur privé dans les années 1960. Par conséquent, cela fait plus de six décennies que les expatriés n'avaient pas pu s'engager activement dans l'économie de leur pays d'origine.
Il convient néanmoins de noter que des formes d'investissement étranger avaient déjà été autorisées dans certains secteurs stratégiques, bien que dans des conditions rigoureusement contrôlées. Cependant, depuis 2021, avec l'avènement des "PME" privées, les partenaires cubains d'outre-mer restaient exclus, ce qui a provoqué une stagnation que La Havane espère maintenant surmonter.
"Le blocus américain et l’hostilité envers Cuba entravent ces réformes et nous privent d’accès au financement, à la technologie et aux marchés", a déclaré Fraga, soulignant l'impact du schéma économique imposé par Washington.
Cette ouverture arrive dans une période de tensions ravivées avec les États-Unis. Récemment, le gouvernement cubain a révélé qu'il poursuivait des discussions avec l'administration de Donald Trump, qui a durci sa position envers l'île. Trump a même laissé entendre qu'une "prise de contrôle amicale" pourrait se profiler à l'horizon si un accord n'était pas trouvé.







