Pour maintenir son image de sanctuaire de sécurité au Moyen-Orient, Dubaï déploie une série de stratégies allant de la mobilisation d'influenceurs à des actions répressives contre ceux diffusant des images de frappes. Alors que les tensions avec l'Iran s'intensifient avec de nombreuses attaques, l'émirat cherche à ne pas entacher sa réputation.
Depuis des décennies, le Golfe est considéré comme un oasis de sécurité dans une région souvent troublée. Les Émirats arabes unis se vantent d'être parmi les nations les plus sûres au monde. Cependant, cette perception est mise à mal par la récente escalade, avec environ 1.800 missiles et drones tirés par l'Iran, visant des installations stratégiques, notamment des aéroports et des bases militaires.
Le paysage de Dubaï, connu pour ses gratte-ciels scintillants, a été assombri par des nuages de fumée, alors que l’aéroport, un des plus fréquentés mondialement, et le port de Jebel Ali sont atteints. Cela pousse les autorités à redoubler d’efforts pour préserver l'image paisible de l’émirat.
En adoptant une approche proactive, Dubaï diffuse un message positif, reflété par le titre "Dubaï est sûre, et le sera toujours", partagé sur les réseaux sociaux à destination de ses 5,8 millions d’abonnés. Les influencer locaux, comme Ebraheem Alsamadi de "Dubai Bling", assurent leur loyauté envers l'émirat, tout en déclarant que Dubaï reste le "pays le plus sûr du monde".
Malgré ces efforts, certaines voix évoquent des réalités plus sombres. Plusieurs résidents ont exprimé leur inquiétude et, face à la menace des bombardements, des touristes ont pris la décision de quitter la ville en catastrophe. Sur la populaire plage de Jumeirah Beach Residence, les rangées de transats sont restées désespérément vides durant cette haute saison.
La sécurité étant un pilier fondamental de l'identité de Dubaï, il est crucial pour les autorités de réagir rapidement. Ryan Bohl, analyste géopolitique au sein du Rane Network, note que les Émirats espèrent largement que la guerre ne perdurera pas, minimisant ainsi son impact sur leur territoire.
En dépit des menaces, environ 90% des habitants de Dubaï sont des expatriés, un groupe de travailleurs essentiels qui soutiennent une économie largement fondée sur le tourisme et les services, loin de la seule extraction pétrolière. Néanmoins, les effets de la guerre commencent à se ressentir ; un projet de loi a été proposé pour interdire aux commerces de réduire leurs horaires d’ouverture.
Les craintes persistent : plusieurs entreprises internationales ont ordonné à leurs employés de quitter les bureaux situés dans le quartier financier, tandis que des alertes ont été envoyées aux résidents, les avertissant des conséquences de la diffusion d'images sensibles. Dubaï s’illustre également par sa fermeté contre la désinformation, réagissant rapidement à la propagation de rumeurs.
Si la stratégie actuelle semble efficace pour des médias locaux, certains experts mettent en garde : ce système pourrait aliéner un public occidental qui valorise la liberté d'expression. Selon Bohl, le risque est significatif, car les investisseurs pourraient reconsidérer la sécurité de leurs investissements si la perception des Émirats comme un refuge sûr venait à être compromise.







