Dimanche après-midi, les électeurs de Brazzaville se sont présentés en nombre réduit aux bureaux de vote pour la présidentielle. La victoire du président sortant Denis Sassou Nguesso, âgé de 82 ans et au pouvoir depuis quatre décennies, semble presque inévitable, mais un fort taux d'abstention est anticipé.
Sassou Nguesso, qui dirige le pays d'Afrique centrale depuis 1979, a trouvé son chemin de retour au pouvoir en 1997 après une guerre civile. Bien qu'il ait remporté les élections de 2021 avec 88,4% des voix, de nombreuses contestations ont été formulées par ses opposants.
Le calme inhabituel de Brazzaville renforce la tension ambiante, avec l'interdiction de circulation pour les véhicules, laissant les rues désertes. Seules les forces de sécurité patrouillent dans le centre-ville, où des commerces et églises sont restés fermés.
Face à lui, six candidats peu connus tentent d'alternatives, mais leurs chances de succès sont considérées comme minces. La majorité des partis d'opposition a choisi de boycotter ce scrutin, arguant que les conditions nécessaires à des élections libres et équitables ne sont pas réunies. Les observateurs alertent sur le risque d'une forte abstention.
Près de 2,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes, mais seuls quelques-uns se sont déplacés dans les bureaux de vote, comme rapporté par l'AFP. À l'école primaire Pierre Ntsiete, la fréquentation a été très faible, avec des électeurs peu disposés à parler.
Un élan de soutien, malgré sa timidité, a été symbolisé par une femme chantant des slogans en faveur de Sassou Nguesso, tandis qu'un habitant évoquait l'importance de sa voix tout en souhaitant des élections pacifiques. Le président, quant à lui, a mené une campagne active, multipliant les déplacements à travers le pays pour encourager la participation.
Les bureaux de vote fermeront à 18H00 (17H00 GMT), et un second tour pourrait être convoqué 21 jours après les résultats du premier. En dépit de la popularité qu'affiche le président, de nombreuses ONG affirment que les droits civiques sont régulièrement bafoués et que de graves menaces pèsent sur les opposants.
Des figures de l'opposition, comme le général Jean-Marie Michel Mokoko, croupissent encore en prison suite à des condamnations controversées. Pendant la campagne, Sassou a vanté les progrès économiques réalisés, malgré la réalité d'une pauvreté qui touche presque la moitié de la population, selon la Banque mondiale.
Les critiques du régime dénoncent l'absence de développement en raison du détournement de fonds publics, tandis que le président promet une amélioration de la transparence financière. Confronté à des termes constitutionnels l'empêchant de se représenter en 2031, Sassou a laissé entendre qu'il ne resterait pas au pouvoir éternellement, sans toutefois aborder la question de sa succession.







